La notion de gouvernance est entrée tardivement dans le discours sur le développement international. Ce n’est qu’à la toute fin des années 80 que la Banque mondiale, confrontée aux résultats décevants des programmes d’ajustement structurel, entreprend de réviser sa stratégie et ses programmes. Les PAS avaient été créés à la fin des années 70 pour rétablir la stabilité financière des pays en développement par des mesures de réduction des dépenses publiques, le recouvrement et la mobilisation de ressources fiscales. En introduisant la notion de gouvernance dans ses énoncés de stratégies, la Banque mondiale souhaitait rompre avec une vision jugée trop sectorielle des problèmes de développement au profit d’une vision plus holistique qui fait une large place aux dimensions institutionnelles. En pratique cela s’est traduit en premier lieu par l’élaboration de modèles d’intervention plus systémiques que par le passé dans des domaines où les IFIs intervenaient déjà comme la décentralisation et la participation des citoyens aux projets de développement. De plus, se poursuivait l’élargissement de leur champ d’action vers des domaines hors de portée jusque là comme la démocratisation, la gestion des conflits et la lutte contre la corruption. Au cours des années 90, des mesures « d’accompagnement social », pour lutter contre la pauvreté, venaient compléter ces programmes et confirmer la tendance « expansionniste » amorcée avec les PAS. Un paradoxe accompagne ce processus : les énoncés de stratégies sur la gouvernance sont aussi l’occasion d’une part de dénoncer les effets institutionnels négatifs dans les PED de cette intrusion grandissante des IFIs et d’autre part de promouvoir un engagement plus grand des PED dans l’élaboration et la mise en œuvre des stratégies de développement.
Le colloque sera l’occasion de débattre de ces thèmes de la gouvernance et de l’appropriation locale de la gouvernance en précisant la définition de diverses notions qui souvent sont associées à la gouvernance : la décentralisation, la régionalisation, l’engagement politique, le partenariat, les conditionnalités et la sélectivité de l’aide. Les conférenciers mettront en évidence les écarts entre les objectifs affichés de renforcement des institutions, de l’engagement politique, de responsabilisation d’une part, et d’autre part, les pratiques de la conception des stratégies et programmes de développement et des conditionnalités (en particulier en Afrique et en Amérique latine). Le colloque devrait ouvrir des pistes de recherche nouvelles et favoriser la mise en réseau de chercheurs du nord et du sud pour mieux comprendre les problèmes et appuyer l’évolution des pratiques.
Formule du colloque
Le colloque comporte une séance d’ouverture et cinq plénières. Tous les conférenciers ont été identifiés par le comité organisateur et répondent à son invitation. Il n’y a donc pas d’appel général de communications. Chaque plénière comporte deux conférences et un court exposé d’un « commentateur » sur les présentations des conférenciers. Tous les conférenciers invités doivent confirmer leur participation, fournir une courte note biographique et un résumé de leur communication avant le 15 juillet. Le texte de leur conférence devra être transmis au comité organisateur avant le 30 septembre 2005. Ces communications seront publiées après le colloque avec les commentaires présentés en plénière et un résumé des débats. Le colloque se déroulera principalement en français mais les conférenciers non francophones pourront faire leur présentation en anglais. Il n’y aura pas de traduction simultanée des conférences et des débats.


