Mitt Romney est désormais le candidat républicain non officiel et les appuis venant de la direction du GOP ne se sont pas fait attendre. Le Président John Boehner et le Sénateur Mitch McConnell, chef de la minorité, ont donné leur bénédiction à l’éventuel porteur. Romney dirige maintenant toutes ses attaques contre le président Obama. La course républicaine est en théorie finie, et la recherche d’un Vice-président potentiel est maintenant dans le camp de Romney. Le président Obama s’est lancé en campagne électorale l’été dernier quand s’est tenu le débat sur le plafond de la dette. Porté par de meilleurs chiffres économiques et un discours sur une plus grande équité économique, Obama a repris ses taux d’approbation de l’an dernier après l’épreuve de force de l’été désastreux sur la dette (47% selon Real Clear Politics, une moyenne de sondages). Ces notes sont peut-être modestes, mais elles sont nettement plus encourageantes pour le Président qu’il y a quelques mois.
Malgré la remontée de ces derniers mois, Obama se voit toujours confronté à une élection serrée, sauf si Romney s’effondre devant les observateurs et sous la pression de la campagne présidentielle. Il est peu probable que cela se passe, et les membres républicains professionnels réputés comme Ed Gillespie, Karl Rove, Charlie Black et d’autres, qui ont été étroitement impliqués dans la campagne Romney, veilleront à ce que cela n’arrive pas. Même si la candidature de Romney a montré ses faiblesses pendant la saison des primaires et pendant la course contre Santorum, il est clair que le ralentissement économique demeure la question de front et le centre de la campagne. Et ici, Obama est vulnérable.
De récents sondages montrent que l’avance d’Obama sur Romney est proche d’un pile ou face. Le fait que Romney a été en mesure de réduire l’écart n’a rien à voir avec son message ou avec ses compétences. En fait, cela a à voir avec les questions d’emplois, de sécurité économique, et avec ce qu’Obama a promis en 2008, l’espoir. L’objectif de la campagne de Romney est de faire de cette élection un référendum tant sur Obama que sur la gestion de l’économie d’Obama.
Les résultats de sondages montrent qu’il s’agit d’une stratégie potentiellement gagnante, surtout si le nombre de création d’emplois du mois dernier de 120.000 (une baisse de 230.000 par rapport au mois précédent) devient une tendance. Les gens d’Obama sont très conscients de cela et sont à la recherche d’une stratégie sur une vision de direction du pays qui aille à l’encontre de celle de Romney. Ils sont prompts à souligner que Romney a l’intention de poursuivre les politiques de type Bush. La rhétorique des deux côtés laisse peu d’ambiguïté.
Un référendum sur Obama ou sur la direction du pays ? Il est fort peu probable que l’une ou l’autre stratégie ne gagne en dehors de leurs bases respectives. La base démocratique se ralliera avec enthousiasme autour de la cause d’Obama, craignant l’autorité de la droite dure du GOP sur la Maison Blanche et le Congrès ainsi que d’éventuelles personnes nommées à la Cour suprême des États-Unis. Les républicains feront de leur mieux pour blâmer Obama sur tout ce qui est mauvais aux Etats-Unis et sur le camouflage des politiques de Bush qui ont eu beaucoup à voir avec les problèmes d’endettement et la crise économique de 2007-2009. Les électeurs indépendants seront pris au milieu ; sans vainqueur bien défini en vue. Quel sera alors le facteur déterminant ?
Je crois que les candidats eux-mêmes, leur caractère et leur tempérament joueront un rôle auprès des électeurs indépendants. Ici, un récent sondage CNN a montré des notes très favorables pour Obama, et très défavorables pour Romney. Les primaires ont fait des ravages sur Romney. La question des intentions de vote des circonscriptions clés dans les swing states jouera aussi un rôle. Par exemple, on parle beaucoup de l’avantage qu’Obama détient actuellement avec le vote des femmes et ceux des latinos qui sont entrain d’augmenter. Cette campagne électorale est loin d’être terminée et donc difficiles à prévoir à ce stade.
Il semblerait que nous nous dirigions vers une situation de suspense. Cependant, il ne faut pas sous-estimer le pouvoir du mandat présidentiel, le tempérament et le caractère, et le facteur de sympathie associé aux candidats. Et ici, Obama prend tout l’avantage en ce moment.
Sans prendre de gants maintenant !





