Le débat en Arizona est apparu quelque peu surréaliste mercredi soir lorsqu’il y fut question de contraception. La soirée mettait en vedette cinq hommes (les 4 candidats et l’animateur), questionnés à tour de rôle par un auditoire (où seuls des hommes posaient des questions, à l’exception d’une intervention à la fin), plongés dans un débat sur l’immoralité de la contraception et la perdition de la nation du fait que trop de femmes enfantaient en dehors de l’institution du mariage.
J’ai vérifié pour être certaine : nous sommes bel et bien en 2012…
99% des Américaines âgées entre 15 et 44 ans disent avoir déjà eu recours à une méthode contraceptive. Qu’à cela ne tienne, Rick Santorum voit dans la contraception un véritable danger pour la nation. Il avait déjà exprimé ses craintes à ce sujet en octobre dernier, lors d’une entrevue pour le blogue évengéliste ‘CaffeinatedThoughts.com‘
Appelé à expliquer sa position lors du débat républicain, Rick Santorum ne s’est pas défilé et, plutôt que de prendre leur distance, les autres candidats ont entonné leur propre couplet de cet air démodé.
Tous ont eu l’air de s’offusquer des données révélées par un article du New York Times où l’on apprend que la majorité des mères de moins de 30 ne sont pas mariées. Aussi, au lieu de reconnaître que les parents en unions libres et l’usage de la contraception sont devenus la norme, les candidats républicains se sont appliqués à dénoncer l’immoralité de la contraception (Santorum) ou de ceux qui l’utilisent (Ron Paul) ; à déplorer les naissances survenues en dehors du mariage en les décrivant comme étant à la source de la pauvreté (Romney, Santorum), du recours à la drogue et de la déroute de la nation (Santorum) sans oublier qu’il faudrait prêcher l’abstinence dans les écoles (Romney). Gingrich s’est pour sa part ’limité’ à dire que les médias devraient plutôt scruter le soutien d’Obama pour l’infanticide.
En jouant à celui qui se montrera le plus conservateur du groupe, chaque candidat républicain a la conviction qu’il se rapproche de l’investiture mais au fur et à mesure qu’ils s’en rapprochent, la Maison Blanche semble s’éloigner.
Déjà, aux présidentielles de 2008, les républicains accusaient un retard du côté du vote des femmes et de celui des jeunes, en comparaison des élections de 2004. À les entendre en Arizona, il semble qu’ils tiennent à aggraver ce problème.
Bref, ce débat a offert une sorte de voyage dans le temps, sans frais pour l’auditeur, mais potentiellement coûteux pour le parti républicain.





