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Racisme ou révolte ?

par Christine Fréchette     22 septembre 2009 11h23

Les arguments, tels ceux du président Carter, suivant lesquels la virulence des critiques contre le projet de réforme du système de santé d’Obama sont largement fondées sur du racisme me rappellent les arguments d’Hillary Clinton voulant qu’elle perdait la course à l’investiture démocrate du fait qu’elle était une femme. C’est une manière de couper court à la discussion et de tomber dans la victimisation.

Si les attaques entourant la réforme de la santé sont si virulentes et s’approchent parfois d’un appel à la violence, je crois que c’est davantage parce que la santé est LE domaine par lequel le gouvernement américain peut affecter la qualité de vie des citoyens, voire leur intégrité physique. C’est LE domaine via lequel le gouvernement peut s’avérer intrusif - encore plus qu’en matière d’éducation - et c’est pourquoi, je crois, les réactions sont si fortes et épidermiques.

Il est facile pour l’opposition dans de telles conditions, de soulever les pires craintes au sein du public, de diaboliser les intentions du Président et de voir à ce que la manœuvre dérape. Cela s’est avéré d’autant plus aisé pour le camp des opposés que le président Obama a attendu des mois avant de s’adresser de manière formelle au grand public américain en vue de le rassurer sur ses intentions et l’objet de sa réforme. La population aurait probablement embarqué moins aisément dans le camp des sceptiques si le Président avait livré son discours devant le congrès en juin dernier plutôt qu’en septembre.

Le terreau n’aurait probablement pas été aussi fertile pour les opposants à la réforme si le Président y était allé par exemple d’une info-pub de 30 minutes à heure de grande écoute (comme il l’avait fait dans le cadre de sa campagne) afin d’expliquer à travers des cas réels en quoi sa réforme allait améliorer la vie des Américains.

Tout comme durant sa course présidentielle, l’été aura été perdu pour Obama et cela affectera un des projets qui sera parmi les plus marquants de sa présidence. Le coût en sera particulièrement élevé, pour le bilan de santé des Américains encore plus que pour Obama.


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