Au train où vont les choses en politique américaine par les temps qui courent, je suis sûr que certains ont cliqué sur ce lien en pensant y trouver un gros plan des bividis de Newt Gingrich, ou une photo furtive de Sarah Palin en pleine séance de bronzage intégral. Ceux-là seront déçus.
Il y a quand même des images qui peuvent nous en dire pas mal sur l’état de la campagne et ce à quoi on peut s’attendre. D’abord, il y a ce nuage de mots, tiré d’un sondage récent effectué par le Pew Center, qui représente la fréquence des réponses à une questin sur l’impression que les gens ont des candidats à l’investiture républicaine.
On a demandé aux répondants de dire, en un mot, ce que leur inspirait l’éventail des candidats en lice. Ceux qui ont de bons yeux y détecteront, en cherchant un peu, quelques références positives mais, dans l’ensemble, ça dit ce que ça a à dire. Notez que les réponses ne diffèrent pas tant que ça entre les républicains et les démocrates !
Les Américains n’ont pas une très haute opinion du menu de candidats que leur proposent en ce moment les républicains, mais il y a un vif débat entre les experts sur ce que ces opinions signifient, si tôt dans la campagne. Par exemple, on peu lire les multiples interventions de Nate Silver (blogueur au New York Times et spécialiste de la prédiction électorale). Silver propose cette image et ce tableau (Source, qui suggèrent que les opinions sur les candidats, même à un stade très préliminaire, sont une indication assez fidèle de la tendance.
Comme la plupart des candidats républicains sont soit peu connus, soit peu appréciés, ou encore bien connus mais négativement perçus par une bonne partie de la population, Silver qualifie le lot actuel des candidats républicains comme le plus ouvert de l’histoire récente du pays.
Silver signale aussi que la perception publique d’un candidat, même à ce stade précoce, peut avoir une influence sur l’élection finale, car il faut remonter loin dans l’histoire pour trouver un gagnant à la présidentielle qui n’avait pas la faveur du public assez tôt dans la campagne. Ses observations ne font toutefois pas l’unanimité, comme en témoigne cette critique par le politologue Brendan Nyhan, qui doute de l’utilité des sondages effectués si tôt dans le processus des primaires.
Pour se faire une idée des résultats probables de l’élection présidentielle de novembre 2012, la plupart des politologues ont plutôt tendance à se fier aux modèles de prévision économiques. Le classique dans ce domaine est le modèle « Bread and Peace » de Douglas Hibbs :
Selon ce modèle, c’est l’état de l’économie qui déterminera la direction du vote, et sur ce tableau les chances de Barack Obama ne semblent, a priori, pas très bonnes. Mais, comme l’observe Nat Silver, l’inclusion d’un plus grand nombre d’élections dans l’échantillon rend moins fiable ce genre de prédiction (voir son analyse ici) :
Pour le moment, les données économiques tardent à décoller à la faveur de Barack Obama, notamment en ce qui concerne l’emploi. Après quelques mois favorables, les données d’emploi de mai 2011 sont plutôt pessimistes pour son administration, comme le montre le graphique ci-dessous :
Heureusement pour Barack Obama, et sans doute en partie grâce à l’élimination d’Oussama ben Laden, son taux d’approbation est supérieur à ce que l’appréciation générale de la direction du pays devrait laisser présager. Reste à voir si les petits gains que le président a pu faire suite à ses faits d’armes du mois dernier dureront.
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