Conférence organisée par le Groupe de recherche sur les institutions et les mouvements sociaux (GRIMS).
Conférencière :
Virginie Tournay, chercheure au CNRS et IEP-PACTE/Grenoble
Résumé :
Cette présentation a pour objectif d’interroger les focales d’observation de l’institution et de son rapport avec l’action collective. L’hypothèse développée est que l’institution représentée comme une découpe du social n’est qu’une expérience sensible parmi d’autres. Bien qu’elle soit rendue aisément descriptible en terme de totalité isolable et délimitée par des frontières pour les commodités des analyses en sciences sociales, la vie institutionnelle n’est pas clairement délimitable. Ainsi, le publiciste Maurice Hauriou a montré que les institutions consolidées sont des achèvements précaires et perpétuellement renégociés dont il ne s’agit pas tant de présupposer de leur assise que de suivre le processus d’acquisition de cette stabilité. En suivant le déploiement de controverses relatives aux innovations biomédicales, l’objectif est de questionner ce qui semble « de loin » apparaître comme une frontière entre l’institution et ce qui la sépare du reste du social. On montrera que les multiples inscriptions institutionnelles (outils, instruments, formulaires etc.) constituent fréquemment des prolongements de l’action collective. Dans la lignée des travaux initiés par Maurice Hauriou, il s’agit alors de développer une sociologie évolutionnaire et pragmatique des agencements sociaux ; sociologie qui nous invite à réfléchir au concept même de démocratie.
Quand ?
Vendredi le 26 février 2010
13h30
Où ?
Salle C-9141
Pavillon Lionel-Groulx
3150, rue Jean-Brillant


