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Quand raison et passion font bande à part

par Christine Fréchette     15 mars 2012 11h38

Raison et passion restent cruellement divisées au sein de la course à l’investiture républicaine et c’est la le cœur du problème : aucun des candidats ne parvient à incarner ces deux concepts.

Romney a la raison de son côté : les mathématiques lui sont favorables dans la course aux délégués, l’argent coule à flot dans les coffres de ses comités d’action politique, sa campagne est structurée, organisée. Mais, tout ce qui relève de la candidature de Romney s’avère dépourvu de passion. Tout n’est que logique. Arithmétiquement, sa campagne va bien mais, le cœur n’y est pas. Les plus conservateurs non plus. Son classement au troisième rang lors des primaires en Alabama et au Mississippi ne sont venus que confirmer son incapacité à rallier le cœur conservateur du parti.

Santorum pour sa part table sur l’authenticité, la détermination et ses valeurs profondément conservatrices pour faire valoir l’intérêt de sa candidature. Son slogan pourrait être : pas d’argent, pas d’organisation, pas grave ! Sa campagne, aime-t-il rappeler, repose sur l’idée voulant que ’des gens ordinaires peuvent réaliser des choses extraordinaires s’ils s’y consacrent’. Et jusqu’à maintenant, il est parvenu à prouver la validité de son point, en remportant des victoires dans plusieurs États et en se positionnant comme le véritable candidat conservateur. Cela est particulièrement honorable à un moment où le pouvoir de l’argent dans les campagnes électorales prend une importance démesurée. Mais, sans les mathématiques de son côté, jusqu’où pourra-t-il aller ?

Sans nécessairement gagner la course à l’investiture, Santorum pourrait choisir de faire un tord considérable à la candidature de Romney, en lui dénigrant la possibilité de se rendre au fil d’arrivée avant la tenue de la Convention au mois d’août. Ron Paul et Newt Gngrich pourraient également décider de l’accompagner dans cette démarche d’obstruction.

Ainsi, bien que les mathématiques donnent raison à Romney, elles ne sont pas nécessairement pressées. Et, malheureusement pour Mitt, ce sont ses adversaires au sein du parti qui décideront de la vitesse de croisière des mathématiques, en acceptant ou en refusant de se rallier derrière sa candidature afin de lui céder le passage.

Or, actuellement, deux camps animent le camp Républicain : celui des passionnément anti-Obama et celui des passionnément anti-Romney. L’évidence mathématique fera-t-elle entendre raison aux passionnément anti-Romney ? Il est permis d’en douter. Quand votre principal argument pour être désigné vainqueur est à l’effet que le parti ‘n’a plus le choix’ et qu’il est trop tard pour changer d’idée, vous êtes peut-être en mesure de gagner la course aux délégués mais vous êtes tout de même en bien mauvaise posture.

Un mariage de raison pourra toujours être proposé par le clan Romney mais les plus passionnés du groupe pourraient décider de gâcher la cérémonie. Bref, cette lutte entre raison et passion est loin d’être scellée au sein du parti républicain et ce ne sont ni les mathématiques, ni l’argent qui y changeront quelque chose.


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