Alors que le Québec débat de l’intérêt d’augmenter les frais de scolarité de ceux qui bénéficieront de plus gros salaires, les Américains, eux, cherchent à palier aux conséquences de cette approche, laquelle a contribué à la pénurie de médecins généralistes (voir le blogue d’hier).
En 20 ans (1984-2004), les frais de scolarité des étudiants en médecine aux États-Unis ont augmenté de 50% au sein des établissements privés et de 130% au sein des établissements publics.
Ces hausses ont eu notamment pour effet de réduire le nombre d’étudiants choisissant de devenir des médecins généralistes. ‘Tous les jours, des étudiants me confient qu’ils préfèreraient opter pour la médecine généraliste mais qu’ils ne peuvent tout simplement ‘pas se le payer’’, souligne Arthur S. Levine, doyen de la faculté de médecine de la University of Pittsburgh School of Medecine.
En 2009, un diplômé de médecine aux États-Unis avait, en moyenne, une dette d’études de 156 500$. En fait, 79% des diplômés avaient une dette de plus de 100000$ et 58% avaient une dette de plus de 150 000$. Le revenu annuel moyen d’un médecin généraliste est de 173 000$. ‘Il est totalement absurde que nos diplômés cumulent de telles dettes d’études, s’insurge M. Levine.
L’étude de l’American Medical Association (AMA) souligne que ces hausses ont aussi généré une moindre diversité de profils parmi les étudiants : il est maintenant plus rare de voir des étudiants de médecine provenant de familles moins nanties ou encore, appartenant à une minorité. On a également constaté une augmentation des cas de dépression et de travail au noir parmi les médecins en résidence ayant une importante dette d’étude.
Comme la réforme qui sera votée en fin de semaine pourrait amener plus de 30 millions d’Américains à enfin se doter d’une assurance-santé, la pénurie risque fort de s’aggraver. C’est pourquoi les législateurs cherchent notamment, à travers cette réforme, des mesures de réduction du fardeau financier des diplômés de médecine, alors que leurs services seront plus que jamais recherchés.
Certes, la situation au Québec est, à ce stade, sans commune mesure avec celle prévalant chez nos voisins. Mais, il n’en demeure pas moins que ce cas d’exemple offre une sorte de miroir grossissant de ce qui survient lorsque ’ceux qui feront un plus gros salaires s’endettent davantage’.






