Bloomberg rappelle cette semaine qu’au cours des huit dernières récessions ayant frappé les États-Unis, sept fois l’immobilier a joué le rôle bouée de sauvetage en propulsant la reprise économique.
Cette fois-ci, les États-Unis pourront-ils à nouveau compter sur l’immobilier comme tremplin pour assurer la relance ? Rien n’apparaît moins sûr. Non seulement l’immobilier n’est-il pas au rendez-vous mais il figure plutôt parmi les causes tirant l’économie vers le bas. Les données dévoilées aujourd’hui montrent en effet que les ventes de maison existantes ont atteint leur plus bas niveau depuis 15 ans, accusant une baisse de 27% (le double de ce qu’avaient prédit les analystes) par rapport à juin.
Avec la fin des aides gouvernementales visant à aider les propriétaires à acheter une maison, tout comme le succès très mitigé de celles visant à aider les propriétaires à renégocier les termes de leur hypothèque, on peut maintenant voir l’état du secteur immobilier ‘à découvert’, c’est-à-dire, sans l’enveloppe protectrice gouvernementale déployée dans le contexte de la crise. Et ce n’est pas réjouissant : une hypothèque sur sept entre dans la catégorie des ‘délinquants’, i.e. qu’elles font soit l’objet d’une saisie ou de défauts de paiement.
Dans ce contexte, les Américains ne pourront plus aussi aisément utiliser la présumée plus-value sur leur maison pour financer leurs vacances, leur deuxième auto, les études des enfants ou tout simplement leurs excès de consommation.
Dès lors, la relance viendra-t-elle :
D’une injection massive d’investissements privés dans l’économie ?
D’une augmentation inespérée des salaires qui pourraient relancer les dépenses de consommation ?
D’un accroissement significatif des exportations dans un contexte où tous les pays tentent d’accroître leur part du gâteau ?
D’une relance effrénée du crédit, alors que les banques resserrent l’accès aux prêts et que chacun tente de ramener son niveau d’endettement à un seuil acceptable ?
Ou tout simplement de l’éclosion de nouveaux secteurs de pointe reposant sur l’innovation ?
Les paris sont ouverts.
Personnellement, il m’apparaît que seule l’éclosion de nouveaux secteurs de pointe créateurs d’emplois pourrait offrir de réelles perspectives séduisantes. Mais, pour ce faire, encore faudra-t-il que le secteur privé reprenne confiance et prenne le relais d’un gouvernement dont les injections massives de fonds publics tirent à leur fin.






