
Louise Otis, ancienne juge à la Cour d’appel du Québec et experte en médiation nationale, se joint au CÉRIUM et à l’équipe du Réseau francophone de recherche sur les Opérations de Paix. Au cours de sa carrière, elle a travaillé à la mise en place de programmes de réforme administrative à l’ONU et à l’OIF. Elle a aussi OEuvré dans plusieurs projets concernant le secteur juridique en Haïti. Mme Otis travaillera avec la direction scientifique du Réseau afin d’apporter une expertise sur les questions de médiation, de gouvernance politique et de réforme de la justice.
Lorsqu’elle était juge, Louise Otis s’est distinguée par la conception et l’implantation, à une Cour d’appel, de l’un des premiers systèmes de conciliation judiciaire du monde. La mise en oeuvre de ce concept transformera la mission classique de la justice et aura une influence déterminante sur le travail des juges de tous les tribunaux, ainsi que sur la façon dont les citoyens conçoivent la justice et son accessibilité. Par la conciliation judiciaire, la distance entre le judiciaire et la société s’amenuise et celle-ci, en étant mieux comprise, s’en trouve mieux servie.
Louise Otis est née à Matane, en 1951. Elle est diplômée de la Faculté de droit de l’Université Laval et membre du Barreau du Québec depuis 1975. Elle a pratiqué le droit pendant quinze ans, se spécialisant en droit du travail et en droit administratif. Elle a enseigné à la Faculté de droit de l’Université Laval, de 1984 à 1987, et à l’École du Barreau du Québec pendant près de dix ans. De 1981 à 1985, elle a été membre du Conseil consultatif de la justice du Québec, chargé de faire des recommandations au ministre sur toute question relative à la justice, plus particulièrement sur les réformes législatives. Elle a été nommée juge à la Cour supérieure du district de Québec, en 1990, et elle a accédé à la Cour d’appel du Québec, en 1993.
C’est en 1998 que la juge Otis instaura, à la Cour d’appel, le service de conciliation judiciaire. Celui-ci offre aux citoyens la possibilité de rencontrer un juge dans le cadre d’une séance de médiation afin de rechercher une solution finale à leur litige civil, commercial ou familial. Ce service de conciliation, à l’étape de l’appel, a été l’un des premiers en Amérique du Nord et il demeure l’un des rares du monde.
Après son accession à la magistrature, Louise Otis a participé à plusieurs colloques et conférences internationales. Elle a conçu un programme d’enseignement destiné aux magistrats canadiens et étrangers, désireux d’approfondir la conciliation judiciaire. Le modèle québécois est désormais source d’inspiration dans plusieurs pays. Après avoir travaillé à la conception, à la conciliation et à la formation, elle se fait maintenant théoricienne par ses nombreux écrits.
En 2000, la juge Louise Otis a reçu un doctorat honorifique de l’Université de Sherbrooke pour l’implantation du premier service de conciliation judiciaire canadien. Le Strauss Institute for Dispute Resolution, de Californie, lui a aussi décerné le Distinguished Service Award, en 2002.