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Obama va-t-il aggraver notre pénurie de médecins ?

par Christine Fréchette     17 mars 2010 00h17

Si l’exode de nos médecins aux Etats-Unis vous préoccupe, attendez de voir ce qu’il en sera si une réforme de la santé est adoptée là-bas. Les moyens déployés pour attirer des médecins étrangers aux États-Unis pourraient être beaucoup plus importants au cours des prochaines années, du fait des impacts de la réforme sur la médecine de première ligne.

Si une réforme est adoptée, tel que souhaité par Obama au cours des prochains jours, plus de 30 millions d’Américains deviendront éligibles à une assurance santé. Grosso modo, on parle donc de l’équivalent de la population du Canada. Ces dizaines de millions d’Américains seront assurément plus enclins à aller consulter un médecin, du fait qu’ils seront enfin dotés d’une couverture santé, laquelle leur était auparavant soit refusée ou inaccessible financièrement. Or, qui prendra en charge tous ces nouveaux patients ? Le nombre de médecins pratiquants n’augmentera pas du jour au lendemain. Il faut compter douze années pour former un médecin. Le besoin d’accroître significativement le nombre de médecins pourrait donc se faire sentir rapidement chez nos voisins du sud.

Le Washington Post fait écho dans un article au fait qu’un problème de pénurie de médecins existe déjà. L’Académie américaine de médecins de famille s’inquiète par exemple du fait que les écoles de médecine ne forment à peine que la moitié du contingent requis de médecins de famille. Et, les statistiques n’annoncent pas un renversement de tendance puisqu’entre 2000 et 2005, le taux de diplômés de médecine optant pour la médecine familiale est passé de 14% à 8%.

Sans même compter les effets d’une réforme de la santé, laquelle permettra à 94% des Américains d’être couverts par une assurance, l’Association américaine des Collèges de médecine évalue la pénurie de médecins à 124 000 en 2025. L’Association ajoute que l’adoption d’une réforme se rapprochant d’une couverture universelle ‘entraînerait une pénurie beaucoup plus sévère’.

L’importation de médecins formés à l’étranger sera assurément une des solutions envisagées pour palier au problème. Les médecins formés au Québec se feront probablement faire la cour comme jamais auparavant. Il faudra donc penser à déployer de convaincantes mesures de rétention.

Mais, cette solution n’est pas la seule à être envisagée par les Américains. Nous verrons demain quelle autre solution est sur la table ; une solution qui interpelle tout autant le Québec mais d’une manière bien différente.


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