Introduction :La récente « controverse étouffée » entourant la publication du livre Noir Canada : pillage, corruption et criminalité en Afrique et les poursuites intentées contre ses auteurs et son éditeur par Barrick Gold et Banro pour diffamation donnent l’impression que l’ouvrage ne serait qu’un pamphlet sensationnaliste et dénonciateur ayant pour seul but de traîner dans la boue les entreprises minières canadiennes opérant en Afrique dans un contexte de guerre civile. Cette impression doit être nuancée. En effet, s’il est vrai qu’Alain Denault, Delphine Abadie et William Sacher, du collectif Ressources d’Afrique, n’hésitent pas à pointer du doigt les principaux acteurs économiques qui seraient selon eux responsables de nombreuses malversations (ou externalités) sur le plan humain et environnemental en sol africain, ils le font avec l’idée que ces pratiques n’ont jamais été considérées comme « répréhensibles » sur le plan juridique et politique. Les auteurs avancent que les entreprises minières bénéficient d’une protection juridique leur permettant d’agir en toute impunité avec l’appui idéologique des institutions politiques et économiques canadiennes (ACDI, Bourse de Toronto) et internationales (FMI, OMC, Banque mondiale). Les actes qu’accomplissent certaines entreprises canadiennes et que les auteurs considèrent comme « criminels » (homicide, corruption, pillage) ne sont jamais considérés comme tels par un système juridique jugé ici trop permissif et par un gouvernement trop soucieux de préserver son image « d’ami de l’Afrique ». À ce titre, l’objectif de l’ouvrage est précisément de synthétiser les nombreuses allégations visant les entreprises et les institutions politiques canadiennes, afin de mieux comprendre leur rôle et leur idéologie dans le développement économique des pays africains.
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Kavin 
