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Les républicains à l’assault : ont-ils forcément tort ?

par Charles Noble     16 mars 2009 11h52

Depuis le premier vote au congrès en février sur les mesures de relance, il est devenu évident que les républicains s’opposeront à presque tout ce que proposera le président Obama. Aucun représentant républicain n’a voté en faveur de ce projet de relance et au Sénat, seulement trois d’entre eux se sont montrés disposés à le faire.

À tous, Rush Limbaugh, le présentateur conservateur de radio le plus connu aux États-Unis, en a appelé à l’échec de la présidence d’Obama et a fortement critiqué les républicains prêts à composer avec la majorité démocrate, suscitant ainsi une grande controverse sur leur rôle : comment les républicains devraient-ils réagir aux tentatives d’Obama visant à résoudre cette crise économique majeure ?

En réponse, les leaders et les partisans démocrates, en particulier les militants sur le terrain, ont condamné la mauvaise foi des républicains : ‘Comment peuvent-ils espérer qu’Obama échoue ? Le sort du pays - du monde même - est en jeu ! Cela équivaut presque à de la trahison.’

C’est de bonne guerre dans une démocratie saine. Bien sûr, on peut mettre en doute les motivations des républicains ; leur hypocrisie à travers un large éventail d’enjeux est évidente. Mais en même temps, si vous croyez aux principes conservateurs, si vous croyez que le but ultime de la politique publique doit être le rétrécissement de l’état, si vous avez peur de « l’ingérence » de l’état dans les affaires des États, des villes, et même dans les foyers, il est tout à fait raisonnable de s’opposer à Obama et même d’espérer que son administration ne réussisse pas. Parce que si vous analysez le plan de relance, le budget et le programme de re-réglementation du secteur financier, il est évident qu’Obama vise une refonte significative du rôle de l’état fédéral aux Etats-Unis. On peut même parler de la création d’une Grande Société pour les classes moyennes écartant l’idée de Reagan voulant qu’il faille minimiser le rôle de l’état et maximiser le rôle du marché libre dans tous les domaines sociaux. Ce sont là des attaques en règle contre les principes directeurs du parti républicain.

Même s’il existe des gens de mauvaise foi dans le parti républicain, même si M. Limbaugh est nuisible, même si les leaders républicains utilisent leur opposition à Obama pour mobiliser la base du parti et ainsi mieux se positionner pour la prochaine élection ; s’il veut rester fidèle à ses idées de base, le parti républicain doit s’opposer à l’administration.

Pour tout vous avouer, la portée du programme d’Obama me convient tout à fait. Mais, je suis progressiste. Et, à vrai dire, j’ai souhaité l’échec du programme de Reagan dans les années quatre-vingts. J’ai été grandement déçu quand les leaders démocrates au congrès ont décidé d’adopter son programme en 1981. Je demeure convaincu que le prétendu « succès » de Reagan a en fait sapé les fondations sociale et civique du pays et nous a conduit tout droit à la crise actuelle.

Certes, les républicains ont à la fois le droit et l’obligation (même s’ils ont tort) de s’opposer aux choses qu’ils considèrent erronées. Mais, je me dois de tout faire pour qu’ils ne réussissent pas.


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