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Les primaires républicaines : un électorat volatil et un meneur fragile

par Pierre Martin     27 janvier 2012 16h08

Que nous disent les données disponibles aujourd’hui sur l’état de la course à l’investiture républicaine et les chances des différents candidats d’emporter la nomination et, le cas échéant, de déloger Barack Obama de la Maison-Blanche ? Les deux constats suivants s’imposent :

1. L’électorat républicain est extraordinairement volatil.

Tout au long de la course, les candidats se sont échangé la tête et il est resté assez clair que la plupart des Républicains ne semblent pas du tout entichés du favori présumé, Mitt Romney. À quelques jours de la primaire de Floride, un État qui semblait acquis à l’ex-gouverneur du Massachusetts, Romney est en tête mais les choses pourraient changer assez rapidement. Dans l’ensemble de l’électorat républicain du pays, toutefois, plusieurs sondages donnent maintenant la tête à Newt Gingrich.


- Source : Gallup Poll USA

Si l’électorat républicain à l’échelle nationale semble assez imprévisible, c’est encore plus le cas pour les électorats de chacun des États qui se trouvent successivement au cœur de la course. La course en Iowa en a fourni une démonstration éloquente, comme le montre ce graphique amusant sur le site de Slate (cliquez sur le graphique pour voir l’animation) :

- Source : « The Iowa Horse Race : A recap of the Iowa caucus, animated as a horse race », Slate.com

En Floride, la situation est tout aussi fluide, alors que Romney semble avoir repris la tête que Gingrich lui avait momentanément ravie.

- Source : « Gingrich Enters Debate Needing One More Comeback », FiveThirtyEight.com

Il est intéressant de noter que les plus récents gains de Gingrich à l’échelle nationale ne semblent pas correspondre à l’évolution des préférences en Floride. Romney pourra donc vraisemblablement récupérer ses pertes dans l’opinion globale en surfant sur ses succès de Floride, d’autant plus que les primaires se déplaceront ensuite vers un terrain qui lui sera plutôt favorable, soit le Nevada (4 février), qui compte une importante population mormone, et le Maine (11 février), État voisin du Massachusetts. Ces deux primaires seront menées sous la forme de caucus, toutefois, ce qui peut rendre le processus plus imprévisible. Il faudra aussi porter une attention particulière aux débats qui se tiendront dans ces deux États, car les variations les plus spectaculaires dans l’opinion au cours des dernières semaines ont suivi des performances particulièrement bonnes ou mauvaises d’un ou l’autre des favoris lors de ces débats.

2. L’indice de perceptions favorables ou défavorables de Romney est un facteur clé à surveiller

La poursuite de la campagne avant la détermination d’un gagnant entraînera la multiplication des publicités négatives et des coups bas, ce qui risque de ternir l’image du candidat choisi dans l’électorat général. En effet, les indices respectifs de « favorabilité » de Romney et Gingrich permettent de comprendre un peu mieux pourquoi les élites du Parti républicain appuient majoritairement Romney et souhaiteraient une campagne primaire la plus courte possible. En bref, la perception de Gingrich dans l’ensemble de l’électorat est assez fortement négative depuis plusieurs mois et, en ce qui concerne Romney, il était vu plutôt positivement jusqu’à tout récemment, mais son taux de perception défavorable a beaucoup augmenté suite aux attaques de Newt Gingrich à son endroit et à l’attention portée sur l’immensité de sa fortune personnelle et son taux d’imposition de 13,9% en 2011.

On peut consulter les indices de perception favorable ou défavorable des candidats sur le site de Talking Points Memo pour Mitt Romney et pour Newt Gingrich.

Pendant ce temps, les taux d’approbation du Président Obama commencent timidement à prendre du mieux, même s’ils restent à des niveaux historiquement très bas comparativement à la plupart des présidents qui ont été réélus depuis l’avènement des sondages (voir les chiffres de Galup ici. Malgré cette base inconfortable et une économie fragile qui pourrait lui réserver des surprises désagréables en cours d’année, le Président Obama reste favori pour l’emporter contre l’un ou l’autre de ses adversaires potentiels.

La caricature de Toles dans le Washington Post de ce matin en dit long sur l’état de la course :

- Source : Washington Post, 27 janvier 2012.


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