Résumé :Cette communication portera sur le problème de la redéfinition du statut de l’intellectuel dans la société contemporaine. Si l’intellectuel est toujours considéré aujourd’hui comme étant le modèle par excellence de représentation culturelle (Weiss), c’est que la tradition sur laquelle elle repose est encore bien vivante dans les milieux littéraires et universitaires. Pourtant, plusieurs signes nous montre que la fonction médiatrice de l’intellectuel s’est considérablement effacée dans le contexte de la démocratisation de l’éducation et de la diversification de l’industrie culturelle et médiatique. La question que je tenterai de développer est la suivante : est-il encore possible aujourd’hui de penser l’intellectuel comme un modèle de médiation culturelle ? Quelles sont les circonstances qui ont amené l’intellectuel à se penser non plus comme le « canalisateur » de la dynamique culturelle, mais comme une figure condamnée à errer dans « l’extra-territorialité culturelle » ? Je pendrai comme témoin de cette évolution le sociologue hongro-allemand Karl Mannheim qui, à une époque (1930-1940) où on considérait déjà l’intellectuel sur la voie de sa perdition, tentait de redéfinir sa centralité culturelle dans une société qui, tant bien que mal, tentait de trouver le chemin de sa démocratisation. Les malentendus suscités par le concept mannheimien de freischwebende Intelligenz chez certains intellectuels contemporains (Said, Bourdieu) me conduiront en conclusion à réévaluer le rôle de l’intellectuel dans sa tentative infructueuse de s’interposer aux frontières du centre et de la périphérie.
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Kavin 

