Il est trop tôt pour déterminer avec précision les domaines dans lesquels le CERIUM fera sa marque dans les premières années. Ces domaines seront déterminés par les chercheurs et les unités de recherche affiliées, en fonction des intérêts manifestés et des financements obtenus.
Toutefois, sur la base du travail des chercheurs et des zones d’intérêt des unités de recherche affiliées, on peut dégager plusieurs grands thèmes qui pourraient former le socle de l’identité du CERIUM.
L’Université de Montréal dispose en son sein d’une expertise considérable sur les réalités américaine et européenne. Le CERIUM pourra arrimer, sans exclusive, son identité à sa capacité de recherche et d’analyse des enjeux soulevés par l’évolution des Amériques, en particulier de l’Amérique du Nord, et de l’Europe, en particulier de l’Union européenne.
Les thèmes abordés seraient multiples : l’évolution politique, économique, sociale, culturelle des pays concernés et des ensembles régionaux dans lesquels ils évoluent ; l’étude comparative des logiques d’intégration politique et de puissance ; les transformations sociales, économiques, culturelles, identitaires et idéologiques, et les convergences et divergences transatlantiques qui en découlent. Le CERIUM pourrait également développer la recherche concernant les influences transatlantiques qui conditionnent de façon originale l’évolution de Montréal, du Québec et du Canada.
La globalisation économique n’est pas nouvelle : les pays "à économie avancée" ont depuis longtemps eu une expansion externe par la voie des échanges vers d’autres territoires du monde, mouvement particulièrement intense durant l’ère coloniale. Cependant, on constate une accélération du processus durant les trois dernières décennies en raison des développements technologiques, qui permettent la décision planétaire en temps réel, et d’une politique généralisée de libéralisation économique, par la disparition des barrières économiques nationales.
L’augmentation des échanges et le rôle grandissant des entreprises transnationales entraînent une mutation des échelles et des identités stratégiques : c’est, d’une certaine manière, l’érosion de l’échelle de la souveraineté des États au profit de la puissance des entreprises. Aucun pays n’est désormais à l’abri des turbulences mondiales. Même si cette croissance des échanges et de l’investissement international ne profite au départ qu’à un petit nombre de pays, tous sont à terme concernés.
Le CERIUM s’intéressera ainsi à la globalisation économique comme transformation radicale des rapports économiques planétaires, comme redéfinition des rapports de puissance, comme mutation profonde du rôle respectif des acteurs économiques et politiques.
La question de la gouvernance est désormais au cœur des relations internationales, car la construction d’un ordre démocratique et normatif international pose un défi considérable aux États et aux sociétés. Au plan régional, la construction européenne et celle des Amériques traduisent des logiques différentes à la fois sur la question du partage de la souveraineté des États et sur celle du primat de l’économie et du marché sur la souveraineté politique des États, et sur les enjeux sociaux et culturels.
Les négociations commerciales internationales et le mode de gestion des crises financières sont désormais les points nodaux de débats qui concernent à la fois l’efficacité économique et commerciale, la régulation des flux de capitaux et le contrôle politique des décisions économiques, les exigences paradoxales de la croissance économique et de la redistribution équitable de la richesse, les transformations du travail et la protection des travailleurs, les équilibres écologiques planétaires, le rôle de l’État en matière d’éducation, de santé et de culture.
Le CERIUM étudiera de manière transdisciplinaire l’évolution des modes de gouvernance internationale, particulièrement en ce qui a trait à l’exigence contemporaine de légitimation démocratique des décisions, aux stratégies et aux enjeux propres aux politiques publiques, dans des domaines aussi divers que la sécurité, les droits sociaux et du travail, la santé publique, le développement, l’environnement, la culture ou l’immigration.
Le thème de la paix et de la sécurité occupe une place centrale dans le domaine des études internationales. L’approche classique incite d’abord à reconnaître que les causes de la guerre, la course aux armements, les dimensions globale et régionale de la sécurité collective et les politiques de défense restent des préoccupations de chaude actualité.
La fin de la guerre froide a toutefois entraîné l’émergence de nouveaux enjeux, comme les guerres civiles et le terrorisme, qui obligent à repenser les phénomènes de sécurité dans une perspective plus large. La popularité grandissante du concept de sécurité humaine, qui cherche à mettre en évidence l’importance de facteurs liés à l’environnement, à l’économie, à la santé et aux droits humains est tout à fait révélatrice de cette tendance dans l’évolution des connaissances.
Le CERIUM se donne comme mission de stimuler la recherche et le débat sur les questions de sécurité en favorisant la diversité des démarches analytiques dans ce champ qui compte déjà de nombreux spécialistes à l’Université de Montréal.
Le monde est un ensemble hétérogène des communautés culturelles au travers desquelles s’articule et se préserve la pluralité des formes symboliques humaines. La pluralité est une donne constitutive du monde humain, la condition d’un agir politique des communautés humaines. La diversité culturelle, l’une des caractéristiques fondamentales de nos sociétés contemporaines, pose des défis particuliers du fait de la globalisation des échanges et des flux migratoires qui amplifient le métissage des traditions, des modes et des techniques culturelles, en même temps qu’elles obéissent à une loi d’unification ou d’homogénéisation directement contradictoire avec la condition de pluralité qui sous-tend l’existence politique des hommes et des États.
En complémentarité des expertises existant à l’Université de Montréal au sujet de l’immigration, des relations ethniques et des études autochtones, le CERIUM privilégiera les analyses portant sur la dimension internationale de ces problématiques en se penchant particulièrement sur la transformation des contenus culturels et des formes d’expression, sur les phénomènes d’uniformisation par les industries culturelles et médiatiques de masse, sur l’impact des transferts culturels en matière d’identités nationales, sur le rôle des cultures communes dans la participation citoyenne et la lutte contre la marginalité sociale.
L’Université de Montréal est déjà présente dans le domaine du développement et de la coopération. En partenariat avec les artisans universitaires de ces projets de développement, le CERIUM aura pour ambition d’assurer une jonction entre les pratiques de développement et les acquis scientifiques qui peuvent en découler.
Le CERIUM se propose d’assumer des fonctions de réseautage, de recherche et de formation en développement, sur des thèmes relevant de l’éducation, de la formation professionnelle, du droit, de la santé, de l’aménagement, etc.