CERIUM - Centre d'études et de recherches internationales
  février 2009
Chronique du Cérium

Les États-Unis d’Afrique…et après ?

Introduction :

« L’Afrique, continent jeune par sa population, riche par ses ressources et ses potentialités, ne peut pas continuer à ressembler à un vieillard unijambiste. (...) L’Afrique doit se réveiller »1.

L’Acte constitutif de l’UA lancé à Syrte en Libye, en mars 2001 donnait le coup d’envoi à cette idée tant désirée par les fondateurs de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) ancêtre de l’Union Africaine (UA). La transformation de la Commission de l’UA en une Autorité de l’Union, décidée dimanche 01 février 2009 à Addis-Abeba par les chefs d’Etat, laisse apparaître ce projet de création des États-Unis d’Afrique se dessiner. Ce qui consacre la rupture avec l’ordre colonial et néocolonial. Mais au sein de l’UA, le sujet d’un gouvernement continental a été depuis longtemps une pomme de discorde. Encore lors de l’Assemblée générale de l’Union lundi 02 février 2009 à Addis-Abeba, la plupart des États membres, avec en tête la Libye, principal initiateur du concept, et le Sénégal, ont plaidé pour la création du gouvernement d’union africaine. Dans l’autre camp, des pays de l’Afrique australe et de l’Est, avec comme leadership l’Afrique du Sud et l’Ouganda, jugeant trop tôt et qu’il y a trop de disparités entre les États membres pour y réussir cette fédération, prônent une intégration par étapes et un renforcement des communautés sous-régionales d’abord. Après la menace d’une scission de l’Union un moment, comme lors du 20e sommet de l’OUA, le 12 novembre 1984, (encore à Addis-Abeba), avec l’admission de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui a entrainé le retrait du Maroc de l’Organisation, laissent derrière lui une assemblée divisée avec d’un côté ceux qui, (une vingtaine sur les cinquante membres) refusent de reconnaître la RASD et souhaitent le retour du Maroc au sein de l’organisation, et les autres. Ironie de l’histoire, le président de l’OUA de l’époque, Julius Nyerere, un tanzanien comme le président sortant de l’UA, Jakaya Kikwete, aujourd’hui encore, ils sont une vingtaine à soutenir le projet de gouvernement continental. Après un moment de menace de scission de l’Union des « vingt », finalement un compromis est intervenu entre les deux parties, se traduisant par un renforcement du pouvoir de l’exécutif continental sur le plan de la coordination entre les États membres sur les dossiers majeurs et le remplacement de l’actuelle Commission, par l’African Union authority (AUA).

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    Les États-Unis d’Afrique…et après ?
  • Djibril DiopDjibril Diop

    Djibril Diop fut post-doctorant au CÉRIUM pour l’année 2007-2008. Il poursuit actuellement son exploration sur l’analyse des divers aspects de la gestion du foncier à Dakar et tente de cerner la problématique de la gestion et de l’accès au foncier dans le débat public.
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