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Le revers de la transparence

par Christine Fréchette     4 mars 2009 00h19

On ne voit habituellement que de bons côtés à la transparence dans la gouvernance. Mais, la gestion de la crise bancaire fait voir des limites à l’intérêt d’en montrer le plus possible. Il pourrait en effet s’avérer contreproductif de rendre publiques certaines informations bancaires, alors que la crise est encore loin d’être réglée.

À ce sujet, il est étonnant de voir que dans son éditorial du 2 mars, le New York Times accuse l’administration Obama de suivre, comme Bush, la loi de l’Omerta par rapport à Wall Street, en refusant de donner la liste des banques qui sont les plus liées à l’assureur AIG, lequel vient de bénéficier d’une 4ème tentative de sauvetage par le fédéral.

Afin de savoir où va l’argent, le journal demande à connaître quelles sont les institutions financières les plus fragilisées par les problèmes d’AIG.

Comme il n’est pas encore clair comment – et dans quel état ! - AIG va réussir à se tirer d’affaire, il est évident que la divulgation des noms des banques concernées les tireraient un cran de plus vers le bas. Ce serait comme achevé un blessé.

Il en va de même avec les résultats à venir des ‘stress tests’ (test de solidité) que fera passer Tim Geithner, le secrétaire au Trésor américain, à 19 banques. Au lieu de faire ces tests en toute discrétion, les résultats obtenus seront rendus publics. Que feriez-vous si on vous apprenait que la banque dans laquelle vous avez mis vos économies ou vos investissements avait échoué ledit test ? Ce sera sauf qui peut pour tout le monde.

Bref, malgré la noblesse du concept, il appert que tant que le fond du baril n’aura pas été atteint, que l’ivraie n’aura pas été séparée du bon grain et qu’un minimum de confiance ne sera pas revenu, il vaudra mieux garder en main la carte de la transparence, faute de quoi la descente aux enfers ne risque que de s’accélérer.


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