En plus d’être une mauvaise nouvelle pour Mitt Romney, la triple victoire de Santorum mardi - au Missouri, au Minnesota et au Colorado - constitue une mauvaise nouvelle pour le parti, pour sa quête d’identité et sa capacité à s’unifier. On dit régulièrement que les courses à l’investiture rendent les concurrents plus forts. Cela est peut-être vrai pour les candidats eux-mêmes, mais on ne peut automatiquement transposer cet atout au parti, pas dans ce cas-ci du moins.
Le parti a depuis longtemps les allures d’une famille dépareillée. Mais traditionnellement, l’identification d’un ennemi commun, tels le communisme, le libéralisme, le terrorisme, est parvenue à mettre en sourdine ces différences et à amener les gens à tabler sur ce qui les rassemblait.
Or, à la question ‘Qui suis-je ?’, chaque frange du parti semble aujourd’hui non seulement offrir une réponse différente mais, plus préoccupant encore, quelque chose d’irréconciliable avec la réponse du voisin. Certains candidats, Romney en tête, symbolisent même ce contre quoi s’insurgent les supporteurs des adversaires. Ce qui est à la source de leur militantisme.
Les supporteurs de Santorum veulent un leader qui incarne pleinement les valeurs sociales conservatrices et chrétiennes. D’entrée de jeu, la candidature d’un Romney est irrecevable, lui qui est vu comme ayant ajusté ses valeurs et principes au poste qu’il convoitait ; sans oublier ses croyances religieuses mormones qui font soulever bien des sourcils. Et disons que les infidélités et multiples mariages d’un Gingrich ne sont pas non plus très vendeurs auprès de ce groupe.
Les pro-Gingrich voient Romney comme étant beaucoup trop libéral pour générer le changement radical requis et se distinguer clairement du ’socialisme’ d’Obama.
Les membres du Tea Party quant à eux en veulent presque autant à Romney qu’à Obama, pour avoir rendu obligatoire la détention d’une assurance-santé, l’un au Massachusetts, l’autre à l’échelle du pays.
Et, bien entendu, tous ces candidats apparaissent trop interventionnistes et dépensiers aux yeux des libertariens de Ron Paul. Soulignons toutefois que ces supporteurs, à moins d’une candidature indépendante de Paul, risquent davantage de se rallier derrière le candidat élu, satisfaits qu’ils seront de voir leur idéologie gagner en notoriété et en partisans.
Bref, le parti républicain a besoin d’un psy pour l’amener à réconcilier ses multiples personnalités et l’aider à se définir une identité acceptable de tous. Il semble que la volonté de mettre un terme à la présidence d’Obama ne soit pas suffisante pour réconcilier les divergences de vue et de valeurs de part et d’autre.
Cette course républicaine sera probablement longue et difficile. Et la thérapie aussi.





