CERIUM - Centre d'études et de recherches internationales
  novembre 2008
Texte de conférence

La subjectivité et l’intersubjectivité en question. Trois modèles philosophiques : Habermas, Merleau-Ponty et Fichte

Cahiers du SRED, Hiver 2008, actes du colloque 2007 à Genève dirigé par Jean-Jacques Ducret, Genève

Résumé de la conférence :

Toute la philosophie du XXéme siècle s’est constituée à partir de la critique véhémente de la subjectivité métaphysique, dénoncée sous les traits d’un sujet transparent, autonome, dont les structures a priori seraient seulement « occasionnées » -et non causées- par des stimuli extérieurs. La prégnance du thème de l’intersubjectivité et de la passivité dans les philosophies les plus contemporaines montrent à quel point il a été question de « tordre » en sens inverse le modèle du sujet métaphysique cartésien et kantien.

Dans cette conférence l’auteur souhaiterait reprendre ce débat philosophique et proposer une autre histoire de cette subjectivité, c’est-à-dire autrement que dans les termes suivants : d’un côté la mauvaise métaphysique du sujet omniscient et libre, de l’autre la bonne philosophie contemporaine d’un sujet jeté dans un monde qui le dépasse et le transcende, d’un sujet passif et entièrement conditionné par l’extérieur. La question posée sera celle de l’articulation raisonnée de ces deux dimensions (subjectivité et intersubjectivité) plutôt que de leur opposition frontale (« tout subjectif » d’un côté « tout intersubjectif » de l’autre).

Pour ce faire, l’auteur étudiera deux manières contemporaines de penser l’intersubjectivité et la passivité, soit : l’intersubjectivité chez Habermas, et la passivité chez Merleau-Ponty (Iére partie) pour montrer les limites et les impasses philosophiques de l’accentuation contemporaine de ces thèmes d’un sujet conçu comme effet d’une relation et originairement passif (IIme partie). L’étude de ces impasses et, tout particulièrement l’étude suivie de la problématique reprise par Merleau-Ponty des concepts topologiques de Piaget (constitution de l’espace de l’enfant avant 10 ans chez Piaget et du corps propre chez Merleau-Ponty) permettra, en partant, paradoxalement, de l’analyse des supposés représentants de la métaphysique de la subjectivité –Kant et Fichte- de proposer une conception moins uniforme de la subjectivité et de tenter ainsi de dépasser les oppositions sujet /intersubjectivité, activité /passivité.

  • Isabelle Thomas-FogielIsabelle Thomas-Fogiel

    Isabelle Thomas-Fogiel a été titulaire de la Chaire d’Études de la France contemporaine pour l’année 2007-08. Son contrat s’est renouvelé pour l’année 2008-09. Elle est professeure de philosophie.
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