Résumé
L’étude de la ségrégation socio-spatiale est au cœur de la sociologie urbaine depuis presque un siècle. Si la plupart des travaux se penchent sur ses déterminants individuels ou macro-économiques, l’analyse du rôle des pouvoirs publics dans les dynamiques ségrégatives n’est devenue centrale que plus récemment. Dans cet article, nous revenons d’abord sur le lent développement de « politiques intercommunales de l’habitat » en France, souvent présentées comme un antidote à la ségrégation résidentielle entre communes. Nous montrons cependant que le renforcement de l’action communautaire, spectaculaire ces dernières années, n’est acquis qu’à la condition de préserver la centralité des communes et des maires dans les choix en matière de peuplement. C’est en ce sens qu’on peut parler d’une « ségrégation par omission », qui traduit plus largement l’incapacité politique persistante des structures métropolitaines de mettre en œuvre des politiques redistributives ou planificatrices sur leur territoire.

Fabien 

