Introduction :
Dès la fin du XIXe siècle, et jusque dans les années 1970, la plupart des interprétations qui prévalent sur la question des communaux reposent sur des modèles agraires (Leitão et Maneschy 1996 ; Pomeroy 1991). L’appellation « communaux » réfère aux espaces dont les sociétés définissent les limites ; un territoire à l’intérieur duquel les communautés gèrent les ressources qu’ils exploitent et où des pratiques individuelles ou communautaires ont cours (McCay et Acheson 1987) ou encore, des espaces de conservation et de préservation (naturelle et culturelle) tels que les parcs, les réserves écologiques, les zones patrimoniales (Breton 1994).
L’intérêt tardif des scientifiques pour la question des communaux en milieu marin est à mettre en relation avec la crise pétrolière des années 1970, ainsi qu’avec l’extension des limites côtières à 200 milles marins (Acheson 1981). Guidés par une rationalité technoscientifique, les États s’impliquent davantage en matière de gestion des communaux. La mer, ressource commune, sera appropriée par les États qui transforment les formes de propriété de leurs zones marines et côtières pour en limiter l’accès aux producteurs nationaux et éliminer la concurrence externe (Peters 1994). Ces mesures engendrent des conflits avec la pêche artisanale, qui repose sur des modèles traditionnels, et on assiste à une surexploitation de certaines ressources.

Pierre 
