NOTES POUR L’ALLOCUTION PRONONCÉE PAR
M. LUC VINET
RECTEUR DE L’UNIVERSITÉ DE MONTRÉAL
À L’OCCASION DE L’INAUGURATION DE LA CHAIRE D’ÉTUDES DE LA FRANCE CONTEMPORAINE
MONTRÉAL, LE 26 OCTOBRE 2006
Monsieur le Ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche de France, Monsieur le Consul général de France au Québec, Monsieur l’adjoint parlementaire du ministre de l’Éducation, du Loisir et du Sport du Québec Madame la titulaire de la Chaire d’études de la France contemporaine, Distingués invités, Mesdames et messieurs,
L’Université de Montréal est très fière d’annoncer aujourd’hui la création de la Chaire d’études de la France contemporaine.
Il nous a paru opportun de profiter du passage au Québec du ministre français de l’Éducation nationale, Monsieur de Robien, pour inaugurer cette chaire qui, disons-le, vient combler une importante lacune dans le paysage scientifique québécois.
On a, en effet, peine à le croire, mais il n’y avait, jusqu’à présent, aucune chaire de recherche sur la France au Québec. Quand on sait la profondeur des liens qui unissent nos deux sociétés par delà la frontière atlantique, la chose ne manquait pas de surprendre.
L’Université de Montréal a donc voulu combler cette lacune.
Et elle a trouvé en le consul général de France, Monsieur Alabrune, un allié sûr et déterminé.
Elle a trouvé dans le gouvernement français un adjuvant providentiel, dont la participation financière a été décisive dans la réalisation du projet.
Elle a trouvé dans l’Université de la Sorbonne-Nouvelle - Paris III le parfait maître d’œuvre, qui se chargera chaque année de nommer un nouveau titulaire.
Et enfin, elle a trouvé dans le gouvernement du Québec un partenaire résolu, qui a doublé la mise en instituant, à l’Université Paris III, une chaire miroir d’études de la société québécoise.
La chaire que nous inaugurons ce midi vient donc consolider les liens que l’Université de Montréal entretient avec la France.
Je me permets de rappeler qu’une centaine de conventions de collaboration nous unissent à des établissements français.
Nous accueillons 1300 étudiants en provenance de l’Hexagone : c’est plus de 40% de tous les étudiants étrangers sur notre campus, et le plus important bassin d’étudiants français au Québec.
La première antenne nord-américaine de l’INSERM a été créée il y a deux ans sur notre campus.
Et bien entendu, nous avons une relation de bonne entente avec Paris-III. Notre département des littératures de langue française, notamment, organise périodiquement des séminaires très prisés, avec des professeurs et des doctorants du prestigieux établissement de la rue des Écoles.
La création d’une chaire multidisciplinaire sur cette société fascinante qu’est la France montre que l’apport français à la recherche québécoise n’est pas qu’historique, qu’il est au contraire bien ancré dans la modernité et qu’il nourrit le dialogue franco-québécois.
C’est à madame Catherine Bertho Lavenir qu’échoit l’honneur d’occuper, la première, le poste de titulaire de cette chaire. Et c’est avec grand plaisir que j’ai accepté de retracer brièvement pour vous le parcours qui l’a conduite à Montréal.
Titulaire d’un Doctorat en histoire de l’École des Hautes Études en Sciences sociales, Madame Bertho Lavenir est archiviste et paléographe de formation.
Elle enseigne l’histoire contemporaine à l’Université Paris-III, où elle est notamment responsable des Masters « Médiation culturelle ».
Au cours d’une carrière singulièrement prolifique, elle a occupé plusieurs fonctions, dont celles de conservateur aux Archives nationales, de maître de conférence des Universités au Conservatoire National des arts et Métiers et de professeur d’histoire contemporaine à l’Université Blaise-Pascal.
On lui doit plusieurs ouvrages de haute tenue, dont une Histoire des médias, de Diderot à Internet et La roue et le stylo. Comment nous sommes devenus touristes - deux livres qui éclairent les mystères et les paradoxes de la transmission culturelle et qui ont contribué à jeter les bases de cette nouvelle science qu’on appelle aujourd’hui la médiologie.
Lorsqu’elle nous a présenté son projet d’enseignement et de recherche, Madame Bertho Lavenir a précisé que ses travaux portaient sur l’histoire « très contemporaine » de la vie culturelle française.
Il fallait sans doute une archiviste pour prendre un parti aussi moderniste et s’intéresser d’aussi près à la France d’aujourd’hui, à son évolution et à ses pratiques sociales et culturelles.
Madame Bertho Lavenir prononcera pour nous ce midi sa conférence inaugurale, qu’elle a intitulée « France 2006 : préjugés, opinions, savoir ».
Mesdames et messieurs, je vous invite à entendre la première titulaire de la Chaire d’études de la France contemporaine de l’Université de Montréal.

