Le champ des relations internationales est souvent dépeint comme le royaume des intérêts matériels bien compris. Le rapprochement franco-allemand de l’après Seconde guerre mondiale ne déroge certainement pas complètement à cette règle. De nombreux penseurs “réalistes” (au sens de la théorie réaliste en relations internationales) ont par exemple mis en évidence que l’affaiblissement matériel des deux Etats, le plan Marshall ou encore la menace soviétique donnaient à la France et à l’Allemagne de bonnes raisons matérielles et “objectives” de fédérer leurs forces. Ce diagnostic désenchanté contraste avec l’image que les gouvernements ont voulu donner de ce rapprochement. Les présidents français et les chanceliers allemands n’ont eu de cesse, depuis le début des années 1960, de mettre en scène les dimensions affectives et morales de leur politique de coopération. Pensons par exemple à l’accolade entre de Gaulle et Adenauer lors de la signature du traité de l’Elysée le 22 janvier 1963, à la poignée de main entre Mitterrand et Kohl à Verdun en septembre 1984 ou encore à tous ces discours grandiloquents sur “l’amitié”, le “tandem” ou le “couple” franco-allemand. Cette présentation s’interroge sur la signification de ce discours idéaliste sur la réconciliation franco-allemande. A-t-on raison de se le représenter comme une rhétorique destinée à légitimer une politique de rapprochement décidée pour d’autres raisons ? Faut-il admettre, dans une perspective plus constructiviste, que ce discours a fini par constituer une réalité ?
Quand ?
Mercredi, le 10 mars 2010
De 11h30 à 13h00
Où ?
Local C-4145 (4e étage)
Pavillon Lionel-Groulx
3150 Jean-Brillant

Mathias 
