Résumé :
Dans ce chapitre, l’approche intermédiaire (meso) sera privilégiée, tout d’abord parce qu’il est encore trop tôt pour tirer des conclusions définitives de changements technologiques toujours en cours et qui connaissent une accélération constante, et ensuite parce que les
recherches psychologiques menées à ce jour sur les pirates informatiques sont frappées de nombreux biais méthodologiques (notamment d’auto-sélection) qui rendent toute généralisation fort hasardeuse (Schell et Dodge 2002). Dans la première partie de ce chapitre, je présente donc un certain nombre de caractéristiques organisationnelles des pirates telles qu’elles se dégagent de la littérature scientifique existante et des informations les plus
récentes dont on dispose à leur sujet. Afin de donner une idée plus concrète de l’impact que peuvent avoir les activités de piratage sur les organisations, notamment en matière de protection des renseignements personnels, je reviens en détail dans la seconde partie sur les divers « exploits » d’Albert Gonzalez, un pirate américain condamné en 2010 pour avoir perpétré la plus importante fraude de la jeune histoire du piratage informatique. Cette étude de cas nous permettra notamment de comprendre quelles dynamiques opposent les pirates aux organisations qu’ils prennent pour cibles, et les répercussions juridiques, financières et de réputation auxquelles ces dernières s’exposent.

Benoît 