Le Géha et la Chaire McConnell en études américaines sont heureux de vous inviter à la conférence de Philippe Hrodej (maître de conférences, Université de Bretagne-Sud) intitulée : « L’amiral Du Casse et son gouvernement domingois (1691-1700) ».
Quand ? La rencontre aura lieu le mercredi 17 octobre De 16h30 à 18h
Où ? Salle 420-14 du 3744 Jean-Brillant, Université de Montréal.

Du Casse, au sein de la marine du Roi, est le personnage qui a connu l’ascension la plus fulgurante de l’Ancien Régime, sans s’être brûlé les ailes au faîte de sa gloire. Il s’initie à la traite du bois d’ébène avant de réapparaître à Dieppe, bénéficiant d’un étançonnement, naturel entre huguenots, des deux plus grandes familles d’armateurs de ce port. Le commerce des esclaves, pour la Compagnie puis pour son profit propre, lui procure une de ces expériences afro-antillaises dont les Colbert ont besoin, à l’aube d’une marine encore en chantier et d’un empire colonial à peine esquissé. Il a sans doute près de 40 ans lorsque débute son élévation. Il a déjà repris le contrôle du Sénégal, le traité oral qui est passé avec les rois nègres (1678) servira de prétexte pour une conquête définitive au XIXe siècle. Après avoir été directeur de la Compagnie du Sénégal, il est l’un des tenants de la création de celle de Guinée (1686). Il inspecte les littoraux africains, son mémoire détermine la politique à suivre (1687). Il se trouve devant Paramaribo, conquiert Saint-Christophe, libère Saint-Barthelémy (1689 et 1690) avant d’être nommé gouverneur de la Tortue et Côte de Saint-Domingue. Une décennie pour faire de ces lieux misérables la future Perle des Antilles.
Utilisant la flibuste dont il devient le chef et le maître à penser, il jette les bases d’une économie sucrière, d’une pénétration commerciale de l’Empire américain de Madrid, d’une stratégie antillaise visant la conquête de verrous sensibles. Planteur, Habitant, négociant, navigateur, il dirige sa colonie d’une main de fer dans un gant de velours. Pilleur de la Jamaïque, preneur de Carthagène des Indes, il est de retour en France en 1700, dans le sillage de Philippe d’Anjou, devenu Philippe V.
Du Casse endosse un autre uniforme, celui de diplomate. Il lance la Compagnie de l’Asiento, mais surtout reste le spécialiste unique des questions américaines. Écouté des deux monarques, il est le bâtisseur de l’Union des deux couronnes outre-Atlantique. Présent à Velez Malaga (1704), il est celui qui sauve les colonies ennemies de la veille, le vainqueur de la bataille de Santa Marta (1702). Surtout, il ramène par deux fois, échappant aux filets britanniques, le métal précieux du Mexique et du Pérou (1708 et 1712). Les Bourbon de Madrid lui doivent leur maintien sur le trône. Lieutenant général en France, amiral de la mer océane en Espagne, Philippe V remet à l’ancien calviniste le cordon de la Toison d’Or.

