Introduction :
Montréal, 26 janvier 2008. 2008. Alors que l’élite politique et économique planétaire discute au Forum économique mondial à Davos en Suisse, des centaines d’altermondialistes marchent dans les rues de la métropole québécoise. En plein froid hivernal, ces militants participent, tout comme des milliers d’autres un peu partout dans le monde, à l’une des 600 activités organisées pour clamer bien haut que plusieurs mondialisations sont possibles, que le citoyen ordinaire doit lui aussi avoir voix au chapitre sur les enjeux de la planète et qu’une solidarité existe au-delà des frontières nationales.
Ce phénomène d’ordre politique : a de quoi fasciner. Or le chercheur en science politique : ou en relations internationales se verra désarmé face à ce fait social contemporain majeur car, dans sa discipline, un biais méthodologique : l’empêche de saisir toute l’ampleur de ces mobilisations sociales. En effet, l’État nation agit tel un écran de fumée ou encore une diva analytique, occupant l’avant-scène et faisant oublier qu’au-dessus et en deçà de l’État national, une multitude d’échanges, de processus sociaux, culturels, économiques et politiques ont continué à se produire et à coexister. Pourtant, l’État national n’a jamais su et pu contrôler complètement les échanges transfrontaliers de toutes sortes, que : ce soit ceux dirigés par de grands conglomérats internationaux ou encore la panoplie d’activités illicites des organisations criminelles transnationales, du piratage maritime à celui des DVD, de la traite des personnes au trafic d’organes ou encore au lucratif marché de la drogue. De la même façon, de plus en plus d’individus se mobilisent de manière transnationale autour de valeurs et de normes partagées (paix, droits de la personne, développement durable, justice sociale, égalité des hommes et des femmes, etc.).

Dominique 