Horaire :
Samedi le 7 juillet, de 9h à 12h
3744, rue Jean-Brillant
Résumé :
L’an un du réveil de la majorité des Arabes a pris fin dans l’espoir, la déception, l’étonnement, la stagnation, le sang, la spéculation et encore plus de remise en question.
Le monde des Arabes est plus divisé que jamais. Les petites forces conservatrices dominent sa diplomatie, et sa destinée aussi jusqu’à un certain degré, dans l’absence des pays traditionnellement plus forts. L’héritage du Front du Refus qui s’était éclaté il y a des décennies, est réclamé par un régime qui a massacré plus de sa nation que de son ennemi juré sioniste.
Les pays arabes roulent maintenant à la vitesse dictée par des circonstances qu’ils ne contrôlent guère.
Comme dans les années 70, c’est le triangle non-arabe israélo-turco-iranien, plus les puissances occidentales, qui dominent la scène régionale au niveau stratégique. De cet ensemble non-arabe, la Turquie est le pays qui a le plus amélioré son image dans la région et le monde grâce à une diplomatie très active en choisissant le camp des révolutionnaires.
Israël est l’autre bénéficiaire du réveil des Arabes. Préoccupé par le développement de la crise en Libye, au Yémen, en Syrie et ailleurs, le monde a une fois de plus oublié l’occupation israélienne de la Cisjordanie et le blocus imposé à la Bande de Gaza. Les Palestiniens demeurent les éternels victimes et perdants de toute crise qui survient dans la région. La révolution iranienne en 1979, la guerre Irak-Iran (1980-1988), l’invasion du Koweït par l’Irak en 1990 suivie par la guerre de 1991, les retombées des attaques du 11 septembre 2001, notamment la double invasion de l’Afghanistan (octobre 2001) et de l’Irak (mars 2003) par les États-Unis ont déplacé le centre de la gravité régionale des territoires occupés vers l’est, créant des opportunités renouvelables pour Israël de saisir encore plus de terre palestinienne.
Quant à l’Iran, le pays qui avait eu sa révolution populaire au nom de Dieu quelques décennies plus tôt, il est le grand perdant du réveil des Arabes en dépit des réclamations contraires faites par son Leader. La tentative de ce dernier de confisquer les révoltes et en réclamer la paternité au nom de l’Islam a lamentablement échoué lorsqu’il a qualifié de « terroristes » les opposants syriens. Il a aussi failli d’influencer le cours des événements en Égypte. Des dizaines de familles des « martyres de la révolution égyptienne » invitées par le régime iranien à visiter gratuitement l’Iran n’ont pas répondu à l’appel. Téhéran mise maintenant sur la minorité chiite en Égypte comme vecteur pour implanter son élan révolutionnaire dans le pays des Pharaons.
Le modèle de la gouvernance que la classe cléricale a imposé à l’Iran s’essoufle. Il est incapable d’offrir une alternative viable aux régimes adémocratiques arabes. L’attrait turc a éclipsé le modèle iranien d’aspiration divine dont le comportement est aussi répugnant que celui des régimes honnis arabes. Son incapacité d’améliorer les conditions socio-économiques de ses ressortissants, un lourd bilan d’irrespect pour les droits humains, le maintien d’une idéologie sclérosée et stagnante, sans oublier l’isolement sur la scène mondiale du régime islamique qui est obligé d’accorder des concessions économiques et politiques sans précédentes à la Russie et la Chine afin d’acheter leur loyauté dans le contexte de sa confrontation perpétuelle avec l’Occident, ne font pas de l’Iran un idéal à reproduire pour les masses arabes qui cherchent à se débarrasser des systèmes politiques relativement moins durs comparés à celui installé en Iran.
Ma présentation analyse donc la politique de la République islamique et l’équilibre des forces dans la région depuis le réveil arabe. Elle se concentre sur les raisons fondamentales de ce changement de fortune iranienne en s’attardant davantage sur les hostilités arabo-perses basées sur la dichotomie chiite-sunnite, la question d’ethnicité et celle du programme nucléaire iranien.
En d’autres termes, nous sommes intéressé dans l’étude des facteurs endogènes et exogènes qui influencent le comportement des systèmes politiques au Moyen-Orient. Elle conclut que l’Iran a perdu le capital politique dont elle jouissait depuis sa propre révolution en faveur de ses rivaux traditionnels : Israël, Turquie et Arabie Saoudite.
Conférencier :
Houchang Hassan-Yari
Professeur et adjoint spécial du Recteur pour liaison nationale et internationale
Collège militaire royal du Canada
Lectures obligatoires :
1. L’Iran salue un soulèvement islamique dans le monde arabe
2. L’Iran et la Turquie face aux « révolutions arabes » (I)et (II)
3. Ce que nous disent les révolutions arabes
4. La Syrie gâche la victoire iranienne
5. Les pasdarans iraniens viennent en aide aux chiites
6. As Arab Spring topples dictators, Iran’s influence grows
7.Muslim Brotherhood lawmaker : Arab Spring headed to Iran
8. Assessing Iran : The Arab Spring, The Nuclear Issue, and Canada’s Response
9. Arab Spring, Persian Winter Will Iran Emerge the Winner From the Arab Revolt ?
10. Effort to Rebrand Arab Spring Backfires in Iran
11. Iran and the Arab Spring (Middle East Flashpoint 13)
12.Turkey beating Iran in Arab Spring’s war of ideas ?
13. Gulf Considers Political Union to Handle Iran and Arab Spring
14. Mideast Din Drowns Out Palestinians
15. Iran and the Arab Spring
16. Supremely Irrelevant Iran tried to take advantage of the Arab Spring. It failed, miserably.
17. The Arab Spring : Ideals of the Iranian Green Movement, Methods of the Iranian Revolution




