En vue des récentes élections allemandes, Angela Merkel avait entrepris sa campagne avec une avance apparemment insurmontable de 20 points dans les sondages, mais c’est à bout de souffle qu’elle aura franchi la ligne d’arrivée, analyse depuis Berlin Marie-Bernard Meunier, membre du conseil du Cérium. Avec 35 p. 100 du vote populaire contre 34 pour son rival, elle a défait d’infime justesse le chancelier Gerhard Schroeder et conquis seulement quatre sièges de plus au Bundestag. « Angela Merkel a fait une mauvaise campagne électorale », croit Mme Meunier, qui juge la nouvelle chancelière « dénuée de charisme ». Si bien que les démocrates-chrétiens qu’elle dirige ont été contraints de former une coalition avec le Parti social-démocrate (PSD), lequel n’aurait pu former une majorité valide même en s’alliant aux petits partis de gauche. Dans cette coalition de centre écartelée entre droite et gauche, le PSD a cependant obtenu huit ministères sur quatorze, dont la plupart des portefeuilles économiques, ce qui isole de fait la chancelière dans son propre gouvernement et ne l’aidera en rien à imposer les mesures qui permettraient à l’Allemagne de retrouver sa domination économique en Europe. Elle n’en est pas moins la première femme à diriger ce pays, observe l’ancien ambassadeur du Canada à Berlin, et le premier chef provenant de l’ancienne Allemagne de l’Est.

Marie 