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Finie, la crise ?

par David Descôteaux     16 juin 2009 11h46

La crise économique pourra peut-être répondre à une question qui déchire les économistes depuis 60 ans : Le keynésianisme fonctionne-t-il ?
Cette doctrine stipule que le gouvernement, en dépensant de l’argent qu’il n’a pas, peut relancer une économie en crise.Une majorité d’économistes y croit. Mais plusieurs, dont les adeptes de l’école autrichienne (inspirés par le Nobel d’économie Friedrich Hayek), affirment au contraire que les sauvetages d’entreprises et les plans de relance sont inutiles. Pire : ils sont nuisibles ! En maintenant en vie des entreprises moribondes, le gouvernement retarde la liquidation des mauvais investissements, condition essentielle à une reprise économique basée sur du solide. Avec les bailouts, on repousse le problème à plus tard. Il faut plutôt laisser le marché se débarrasser du bois mort.
Les « autrichiens » ont visé dans le mille jusqu’ici. Le peu d’économistes qui ont prédit la crise étaient presque tous de cette école de pensée. (On s’est d’ailleurs moqué d’eux plus d’une fois. Cette éloquente vidéo en témoigne.) Sauf que depuis quelques semaines, le vent tourne en faveur des keynésiens. Les nouvelles économiques « moins pires que prévues » se succèdent - par exemple, l’économie a « seulement » détruit 350 000 emplois le mois dernier, alors qu’on s’attendait à 500 000. Les keynésiens commencent à crier victoire. Le président Obama, avec ses dépenses astronomiques, a revigoré le marché boursier. Le pire est passé !
Mais deux statistiques remettent les choses en contexte :
1- Seulement 44 milliards $ sur les 787 milliards affectés au plan de relance ont effectivement été dépensés en date du 29 mai 2009. Si l’économie est vraiment repartie, difficile d’y voir un quelconque « miracle » keynésien. Cela voudrait plutôt dire que les Américains se sont endettés de quelque 700 milliards pour rien...
2- L’équipe d’Obama avait produit, il y a plusieurs mois, un graphique pour mousser leur plan de « stimulus ». Le graphique faisait une projection des pertes d’emplois selon deux scénarios : celui où le gouvernement ne fait rien, et celui où il dépense 787 milliards $ pour relancer l’économie.
Un blogueur a pris ce graphique et y a ajouté les chiffres du chômage en date d’aujourd’hui. Voyez ce que ça donne (les points en rouge représentent le véritable taux de chômage) :

On y voit que le taux de chômage atteint déjà 9,4 % en mai. C’est près de deux points de pourcentage plus élevé que ce que prévoyait l’administration Obama. Ironiquement, la conseillère économique du président, celle-là même qui a bâti ce graphique, prédit maintenant que le taux de chômage pourrait atteindre 9,5 %. Si on se fie à la justesse de sa prédiction précédente, on peut s’attendre au pire...
Un fait demeure : le débat sur le keynésianisme fait toujours rage. Peu importe votre camp, mieux vaut attendre de voir ce que nous réservent les prochains mois avant de sauter aux conclusions.


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