Faut-il museler W ? Non !
L’ex-président Bush est en ville, aujourd’hui jeudi, à l’invitation de la Chambre de commerce. Devant l’Hôtel Reine-Elizabeth, des manifestants protesteront. Et il y a matière à protester : les politiques économiques de l’ex-président furent désastreuses. Il a, pour le moins, donné des signaux favorables au retour de la torture au mépris des conventions internationales et il a, en se fondant sur des motifs qui apparaissent comme mensongers, plongé l’Irak dans une guerre qui a fait 300 000 morts au bas mot.
Mais les manifestants ont choisi de ne pas se limiter à, par exemple, demander qu’il soit accusé de crimes de guerre ou d’incitation à la torture. Ils ont décidé de le déclarer « persona non grata ». Leur position de principe est que W ne devrait pas prendre la parole à Montréal.
Faut-il financer W ? Non !
Combien W est-il payé pour venir parler à Montréal ? On ne nous le dit pas. Son tarif officiel est de 150 000$ US. On attend 1000 personnes qui ont payé chacun jusqu’à 400$ pour l’entendre, pour une recette allant jusqu’à 400 000 $. Donc une très bonne affaire pour la Chambre de commerce… et pour Bush.
La question est de savoir si, indirectement, des fonds publics sont utilisés pour financer cette venue. La réponse est oui.
Faut-il crucifier W ? Oui et non !
A mon avis, ce qui fait tomber W dans le camp des maudits est son appui au moins tacite à la torture. Il n’en a pas, comme Dick Cheney, vanté ouvertement les mérites, mais il l’a voulue et l’a couverte. Il devrait, pour cela, répondre de ses actes, y compris devant les tribunaux et jusqu’en geôle.
Pour le reste, s’il fut certes incompétent, il pourra plaider sur trois points des circonstances atténuantes : les raisons de l’invasion en Irak, son rôle dans la sortie du bourbier, son rôle dans la crise financière. Je les prends un par un :

Jean-François 