Séminaire transdisciplinaire annuel de la
Chaire de recherche du Canada
en droit international des migrations
sur « La complexe dynamique des migrations internationales »
"Le droit international reconnaît le droit à l’émigration, non le droit à l’immigration. Ce paradoxe mérite examen, pour le présent et pour le futur.
Pour le présent, une double précision s’impose. D’une part le droit à l’émigration n’est pas absolu. D’autre part il peut exister déjà un droit à la migration pour certaines catégories de migrants, lorsque des droits fondamentaux sont en cause. C’est l’origine du droit à l’asile, fut-il provisoire, et du droit au regroupement familial.
Pour le futur, une double distinction est utile. La première distingue le droit de voyager du droit de migrer. Indépendamment de la migration, n’y a-t-il pas lieu de reconnaître, selon la formule Kantienne, un véritable droit de voyager, de circuler ? Cette interrogation conduit à remettre en cause la pertinence des visas de court séjour et à proposer la suppression de ces visas.
La deuxième distinction concerne le droit à la migration. En approfondissant les distinctions existant déjà entre migrants de droit (réfugiés, familles) et migrants de faveur (travailleurs), l’utilité d’un droit relatif à la migration d’installation mérite examen. Ce droit se développe dans le cadre d’intégrations régionales.
Ces perspectives sont utilement illustrées par l’expérience de l’Union européenne et l’analyse de l’évolution de la liberté de circulation interne à l’Union et de sa politique migratoire.
La recherche d’un équilibre entre un droit de l’individu à migrer et le respect des souverainetés nationales n’est pas impossible".
Jean-Yves Carlier est professeur à l’Université catholique de Louvain et avocat en Belgique. Il est ou a été professeur invité dans différentes universités (Paris 2, Genève, Liège, Ouagadougou, Cotonou, Bujumbura). Il est président du département de droit international et directeur du centre des droits de l’homme de l’U.C.L. Il enseigne le droit international privé, le droit européen et les droits de l’homme.
Pour le futur, une double distinction est utile. La première distingue le droit de voyager du droit de migrer. Indépendamment de la migration, n’y a-t-il pas lieu de reconnaître, selon la formule Kantienne, un véritable droit de voyager, de circuler ? Cette interrogation conduit à remettre en cause la pertinence des visas de court séjour et à proposer la suppression de ces visas.
La deuxième distinction concerne le droit à la migration. En approfondissant les distinctions existant déjà entre migrants de droit (réfugiés, familles) et migrants de faveur (travailleurs), l’utilité d’un droit relatif à la migration d’installation mérite examen. Ce droit se développe dans le cadre d’intégrations régionales.
Ces perspectives sont utilement illustrées par l’expérience de l’Union européenne et l’analyse de l’évolution de la liberté de circulation interne à l’Union et de sa politique migratoire.
La recherche d’un équilibre entre un droit de l’individu à migrer et le respect des souverainetés nationales n’est pas impossible".
Jean-Yves Carlier est professeur à l’Université catholique de Louvain et avocat en Belgique. Il est ou a été professeur invité dans différentes universités (Paris 2, Genève, Liège, Ouagadougou, Cotonou, Bujumbura). Il est président du département de droit international et directeur du centre des droits de l’homme de l’U.C.L. Il enseigne le droit international privé, le droit européen et les droits de l’homme.
La conférence sera donnée en français.


