CERIUM - Centre d'études et de recherches internationales

Toutes les versions de cet article : [English] [français]

L’an II du printemps arabe

Du 2 au 7 juillet 2012
  6 juillet 2012

Étude de cas : La transition politique au Maroc

Azzédine Rakkah (CERI - Science Po Paris)

Horaire :
Vendredi le 6 juillet 2012, de 9h00 à 12h00
3744, rue Jean-Brillant


Résumé :
Prenant en compte la situation nouvelle inhérente au printemps arabe, le roi annonce, le 9 mars 2011, un changement de la Constitution, « dans la continuité » des évolutions précédentes. Pour réformer la Constitution, une commission est créée. Dix-neuf membres la composent. Plus de 120 membres de la société civile, dont les représentants de tous les partis politiques, à l’exception du PSU, qui refuse de présenter sa plate-forme au prétexte que la Commission n’est pas une assemblée constituante. Une première mouture de la nouvelle Constitution est remise au monarque. Les conseillers du roi la retouchent et, le 17 juin 2011, Mohammed VI annonce qu’elle sera soumise à référendum le 1er juillet suivant. Ainsi, le Maroc fournit une réponse constitutionnelle à une situation qui aurait pu être très révolutionnaire. Dans son discours du 17 juin, le roi, se définissant comme un arbitre, demande aux Marocains d’aller voter, en ajoutant : « Je dirai donc oui » au référendum. Les gens en déduisent que le roi a dit : « Il faut voter oui. » Cela marche d’autant mieux que le monarque conclut sur une note religieuse, en citant le Coran : « Véridique est la parole de Dieu. » Officiellement, il y a 98 % de « oui », pour une participation de 78 %. Mais, avant d’être nommé premier ministre, Benkirane estime à 50 % maximum le nombre des votants. Une fois nommé à la tête du gouvernement, il confirme le taux officiel de 78 %. Pour d’autres, notamment Al Adl Wal Ihssane, le mouvement d’Abdessalam Yassine, la participation est inférieure à 35 % et il s’agit de « la plus grande usurpation historique » que le Maroc ait connue sur le plan politique...


Conférencier : Azzédine Rakkah
Directeur de recherche, CERI - Sciences Po Paris



Intervenant : François Burgat
Directeur de l’Ifpo,
Directeur de recherche au CNRS



Lectures obligatoires :

  • Arieff, Alexis. Morocco : Current Issues. CRS Report for Congress. December 20, 2011

  • Catusse, Myriam et Frédéric Vairel. 2010. "Question sociale et développement : les territoires de l’action publique et de la contestation au Maroc". Le Dossier : Le Maroc de Mohammed VI : mobilisations et action publique. Politique africaine. 120. p. 5-23.

  • Ferrié, Jean-Noël et Depret Baudouin. "La nouvelle architecture constitutionnelle et les trois désamorçages de la vie politique marocaine". Confluences méditerranée. 2011/3 no78, p.25-34.

  • Hibou, Béatrice et Tozy Mohamed. "La lutte contre la corruption au Maroc : vers une plusalisation des modes de gouvernement ?". Droit et société. 2009/2 no 72, p.339-357.

  • Mohsen-Finan Khadija et Zeghal Malika. "Opposition islamiste et pouvoir monarchique au Maroc", Le cas du Parti de la Justice et du Développement. Revue française de science politique. 2006/1 vol.56, p.79-119.
 
  • Écoles d'été 2012
  • L'an II du printemps arabe
L’an II du printemps arabe
Accueil du site  -   RSS   -   Partenaires   -   iTunes-U   -   Accès privé