Extrait de l’introduction
Dans les nombreux travaux effectués sur la démocratisation et la participation politique en Afrique, on néglige souvent les traits spécifiques des cultures politiques locales dans le contexte des processus de réformes institutionnelles et démocratiques. Il ne suffit plus de s’interroger uniquement sur les élites et les institutions du pouvoir pour saisir l’ensemble des dynamiques politiques en Afrique. Cerner la participation politique dans la réalité africaine suppose d’élargir les regards analytiques à une multitude de légitimités et pratiques sociales ce qui suppose d’étendre l’observation aux différents modes d’autorité et référents symboliques imbriqués dans des lieux et réseaux enchâssés autant au niveau institutionnel qu’au niveau local. Désormais, pour mieux saisir l’enchevêtrement complexe de ces vastes réseaux de pouvoir, il faudrait porter un nouveau regard2 sur le local, en mettant suffisamment l’accent sur la « gouvernance démocratique en ébullition ». Dans les microsphères (quartiers, communes, villages…), elle est en perpétuelle construction, portée dans ces trajectoires par de vastes communautés identitaires, dotées d’un pouvoir substantiel sur les collectivités. Dorénavant, il convient d’étudier la participation politique locale en se penchant sur ces espaces et réseaux de pouvoir en mutation, encore peu traités dans l’analyse scientifique3. En effet, l’analyse institutionnelle4, centrée autour du rôle de l’État et des élites au pouvoir, a longtemps été au centre des études sur le politique en Afrique pour expliquer les transformations politiques et économiques survenues depuis des décennies. Toutefois, ces transformations ne peuvent se circonscrire uniquement aux crises perçues dans l’appareil d’État en Afrique. Elles sont également inhérentes aux mutations sociopolitiques des collectivités locales et aux multiples reconfigurations des relations entre l’État et sa société.
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