Introduction :
A l’automne 2007, j’ai eu le privilège d’assister à deux audiences de la CPI. Lors de ces deux audiences, le représentant légal des victimes adopta une position diamétralement opposée à celle du Bureau du Procureur.
C’était une expérience fascinante qui illustrait l’importance de donner aux victimes la possibilité de s’exprimer.
Lors de la première audience, les débats concernaient une requête du Procureur visant à réduire les charges pesant contre l’accusé.
La raison pour laquelle le Procureur faisait cette demande était claire : il aurait alors été plus facile pour lui de démontrer son dossier au-delà de tout doute raisonnable. Il était également évident que la Défense
n’avait aucune objection à cette demande, puisque cela signifiait réduire les charges contre son client.
Normalement, la discussion se serait terminée là. Du moins, c’est ce qui se serait passé dans le cadre du système de « common law » où l’on ne trouve que deux parties : l’Etat et la Défense. Cependant, dans le cas présent, celui de la CPI, les victimes peuvent participer et sont donc représentées par des avocats. Une fois la présentation des positions de l’Accusation et de la Défense, les représentants légaux des victimes sont donc intervenus. L’un d’eux a alors exposé, avec éloquence, l’impact de cette requête sur les victimes. C’était une occasion formidable d’entendre la voix des victimes. Nous allons bien-sûr devoir attendre pour savoir à quel point les juges la laisse influencer leurs décisions, mais ce n’est pas le point principal. Plus important encore est d’avoir entendu la voix des victimes, voix habituellement passée sous silence à la Cour.
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Jo-Anne 

