Résumé de l’article
L’oeuvre de Daniel Arasse a élu domicile au coeur même du paradoxe, occupant cette place étrange qui est d’être à la fois dedans et dehors, ici et là-bas, visant et visé. Ces paradoxes, qui parfois côtoient l’oxymore, ne sont pas sans avoir soulevé quelques problèmes épistémologiques et d’aucuns se sont inquiétés du désordre ainsi introduit au sein de l’histoire de l’art qui, comme science humaine, doit pouvoir exhiber les conventionnels attributs de la science. Cet article entreprend de questionner l’épistémologie de l’histoire de la peinture induite par les analyses de tableaux de D. Arasse et à montrer combien nous avons affaire à un système rigoureux, précis et cohérent, même s’il s’agit d’une cohérence dont sont faits les paradoxes, d’une logique propre à une pensée qui doit dire l’excès. Chemin faisant, cet article retrace l’histoire d’une rencontre entre Husserl et Arasse, entre le philosophe et l’historien d’art, et montre combien les textes de D. Arasse, excédant les frontières entre les disciplines, résonne en d’autres champs, les éclairant, en retour, d’une lumière autre.
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Isabelle 
