Avec Sébastien Saint-Arnaud
Résumé
Dans la foulée des travaux de Gøsta Esping-Andersen, plusieurs études ont défini divers régimes providentiels en Europe occidentale et en Amérique du Nord. L’examen d’un ensemble d’indicateurs sociaux au moyen d’analyses de classification hiérarchique permet de confirmer l’existence de tels modèles, qui correspondent à des articulations spécifiques entre la famille, l’État et le marché pour produire les ressources nécessaires au bien-être des individus. En fait, notre analyse permet de distinguer quatre ensembles de pays, correspondant aux trois régimes identifiés à l’origine par Esping-Andersen - social-démocrate, libéral, conservateur - auxquels s’ajoute, comme l’avaient anticipé plusieurs auteurs, un régime distinct de ce dernier, le régime latin. Ces résultats, qui persistent quand on passe des années 1980 aux années 1990, relèvent aussi l’existence de liens étroits et durables de causalité réciproque entre l’organisation des programmes sociaux dans les sociétés analysées, les situations sociales qui sont en partie le résultat des politiques élaborées, et, enfin, le niveau de participation civique, qui conduit les gens à se mobiliser (ou non) collectivement pour donner forme aux programmes sociaux. Cette analyse comparative permet de situer le Canada parmi les mondes du « capitalisme providentiel ».
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Paul 
