La pression de Barack Obama pour obliger les institutions catholiques, comme les universités et les hôpitaux, à inclure la couverture des contraceptifs dans leurs plans de soins de santé a provoqué le genre de clivage qui n’est pas sans rappeler les guerres culturelles antérieures. Évêques catholiques, conservateurs sociaux et candidats présidentiels républicains se sont unis pour exprimer leur désaccord sur ce qu’ils considèrent être une question de liberté religieuse et de garanties constitutionnelles - piétinées par un gouvernement fédéral qui veut aller trop loin. Pour eux, ce fut un élément d’importance dans leur lutte contre Obama.
Alors que la droite devenait furieuse, les critiques de la gauche ont senti qu’Obama initiait là une bataille inutile sur une question qui, à la fois, divisait et polarisait l’opinion. Au terme de la semaine, Obama a offert un compromis visant à transférer la couverture contraceptive des institutions vers les compagnies d’assurance santé. Le compromis n’a pas fait l’unanimité, mais cela a fait baisser la tension.
Serait-ce qu’Obama ait utilisé les questions religieuses pour déclencher la colère de la droite ? Après tout, la controverse de la contraception a su détourner l’attention de la rhétorique républicaine de l’économie vers celle de la culture qui passe bien auprès de la base républicaine, mais moins bien auprès des électeurs indépendants. Avec l’amélioration des données économiques et des candidats républicains incapables de présenter un programme alternatif convainquant, Obama est en train de mettre de l’avant son propre ordre du jour, d’une manière qu’il n’était pas parvenu à réussir depuis les premiers mois de sa présidence.
Pendant ce temps, Mitt Romney a passé la plus grande partie de la semaine sous le choc de son triple revers contre le plus récent candidat ’anti-Mitt’, Rick Santorum. Il a participé au Comité conservateur d’action politique (CPAC), où il a prétendu être « sévèrement » conservateur et flattait encore davantage la droite militante. Romney s’est aussi trouvé sur la défensive relativement à une disposition sur la contraception incluse dans sa réforme de la santé alors qu’il était gouverneur du Massachusetts. Romney a peut-être gagné le sondage du CPAC et les caucus du Maine, mais la base conservatrice n’est toujours pas à l’aise avec lui.
Par ailleurs, à deux semaines de la Primaire cruciale du Michigan, la campagne de Rick Santorum sera aidée par le retour de la guerre culturelle. Santorum, à son crédit et, contrairement à Newt Gingrich – vous souvenez-vous de lui ? - se concentre sur les problèmes et les politiques plutôt que de faire campagne contre Romney personnellement. Et il marque des points dans le processus. Romney semble incertain dans ses réponses aux questions culturelles de Santorum et ce n’est pas son point fort. Est-ce que cette équation a fait partie du calcul d’Obama ?
Obama a probablement mal calculé et inquiété inutilement les quelques électeurs catholiques. L’ancien chef d’état-major Bill Daley et le secrétaire à la Défense, Leon Panetta, l’ont, dit-on, mis en garde contre la disposition. Mais, au final, la contraception n’est pas aussi controversée que l’avortement, même si les conservateurs ont tendance à regrouper les deux concepts ; et les catholiques ne suivent généralement pas l’Église sur ce point. Obama le sait. En somme, le compromis sur la contraception passera fort probablement le test, tandis que les républicains se seront, une fois de plus, laissés distraire à un moment où l’économie devrait supplanter tous les autres enjeux.
(Texte traduit de l’anglais)





