Selon cinq chercheurs de l’Université de Montréal, participant à un panel sur les impacts du 11 septembre 2001, cinq ans après, cet événement a bien modifié de manière significative le cours des choses, mais ne constitue pas un point de rupture.
Pour Marie-Joëlle Zahar, professeur de Science politique, directrice scientifique du Réseau Moyen-Orient, le 11 septembre amorce une aggravation des tensions déjà présentes au Moyen-Orient et une confirmation du rôle de joueur prédominant des États-Unis, rôle acquis depuis l’éclatement de l’Union soviétique. De même pour François Crépeau, directeur scientifique du CÉRIUM et titulaire de la Chaire en droit international des migrations , "tout n’a pas changé" ce jour-là. Mais l’intensité avec laquelle les flux migratoires sont maintenant contrôlés a atteint un niveau plus élevé, comportant des pertes de vies aux nouvelles frontières de l’Occident : notamment aux frontières Mexique/Guatemala, et Pologne/Ukraine.
Pierre Martin, professeur de Science politique, directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines, estime pour sa part que le 11 septembre a servi de révélateur de la nature des relations Canado-américaines et de ses particularités. Le choc majeur est encore à venir, prévient-il : l’introduction de l’obligation de présenter un passeport pour passer la frontière.
Guillermo Aureano, chercheur en Science politique et spécialiste des questions de blanchiment d’argent , estime quant à lui que seul l’intensité des discours sur la lutte au financement international du terrorisme a augmenté, les mesures concrètes étant pour l’essentiel aussi peu efficaces aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Finalement, Stéphane Leman-Langlois, professeur adjoint à l’École de criminologie et membre de l’Équipe de recherche sur le terrorisme et l’antiterrorisme a estimé qu’il "n’y a pas de moyen objectif de comparer le risque’ que fait courrir le terrorisme au Canada, donc aucun moyen d’indiquer si nous sommes aujourd’hui plus ou moins à risque qu’avant le 11 septembre. Il a cependant ajouté que "la capacité opérationnelle d’Al Quaeda est maintenant de zéro. Ce n’est plus qu’une opération de relations publiques."
La table ronde, animée par Jean-François Lisée, directeur exécutif du CÉRIUM, était organisée par le CÉRIUM et le Groupe de recherche sur la sécurité internationale (GERSI) avec la collaboratin du Canal Savoir.



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