CERIUM - Centre d'études et de recherches internationales
  11 septembre 2006
Table-Ronde

Cinq ans après : L’onde de choc du 11 septembre

Marie-Joëlle Zahar (Rémo) ; François Crépeau (CDIM) ; Pierre Martin (Cépéa) ; Guillermo Aureano (ScPo) ; S. Leman-Langlois (Criminologie). Débat présidé par J-F Lisée (Cérium)

World Trade Center Selon cinq chercheurs de l’Université de Montréal, participant à un panel sur les impacts du 11 septembre 2001, cinq ans après, cet événement a bien modifié de manière significative le cours des choses, mais ne constitue pas un point de rupture.

Pour Marie-Joëlle Zahar, professeur de Science politique, directrice scientifique du Réseau Moyen-Orient, le 11 septembre amorce une aggravation des tensions déjà présentes au Moyen-Orient et une confirmation du rôle de joueur prédominant des États-Unis, rôle acquis depuis l’éclatement de l’Union soviétique. De même pour François Crépeau, directeur scientifique du CÉRIUM et titulaire de la Chaire en droit international des migrations , "tout n’a pas changé" ce jour-là. Mais l’intensité avec laquelle les flux migratoires sont maintenant contrôlés a atteint un niveau plus élevé, comportant des pertes de vies aux nouvelles frontières de l’Occident : notamment aux frontières Mexique/Guatemala, et Pologne/Ukraine.

Pierre Martin, professeur de Science politique, directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines, estime pour sa part que le 11 septembre a servi de révélateur de la nature des relations Canado-américaines et de ses particularités. Le choc majeur est encore à venir, prévient-il : l’introduction de l’obligation de présenter un passeport pour passer la frontière.

Guillermo Aureano, chercheur en Science politique et spécialiste des questions de blanchiment d’argent , estime quant à lui que seul l’intensité des discours sur la lutte au financement international du terrorisme a augmenté, les mesures concrètes étant pour l’essentiel aussi peu efficaces aujourd’hui qu’il y a cinq ans. Finalement, Stéphane Leman-Langlois, professeur adjoint à l’École de criminologie et membre de l’Équipe de recherche sur le terrorisme et l’antiterrorisme a estimé qu’il "n’y a pas de moyen objectif de comparer le risque’ que fait courrir le terrorisme au Canada, donc aucun moyen d’indiquer si nous sommes aujourd’hui plus ou moins à risque qu’avant le 11 septembre. Il a cependant ajouté que "la capacité opérationnelle d’Al Quaeda est maintenant de zéro. Ce n’est plus qu’une opération de relations publiques."

La table ronde, animée par Jean-François Lisée, directeur exécutif du CÉRIUM, était organisée par le CÉRIUM et le Groupe de recherche sur la sécurité internationale (GERSI) avec la collaboratin du Canal Savoir.

  • Pierre MartinPierre Martin

    Pierre Martin est professeur titulaire au Département de science politique de l’Université de Montréal et directeur de la Chaire d’études politiques et économiques américaines (Cépéa). Il est également membre du Centre d’étude sur la paix et la sécurité internationale (CEPSI)
  • François CrépeauFrançois Crépeau

    François Crépeau est l’ancien directeur scientifique du CÉRIUM et a dirigé pendant cinq ans la Chaire de recherche du Canada en droit international des migrations. Il est désormais Professeur de droit international public à l’Université McGill et le titulaire de la Chaire Hans et Tamar Oppenheimer en droit international public.
  • Marie-Joëlle ZaharMarie-Joëlle Zahar

    Marie-Joëlle Zahar est professeure au département de science politique de l’Université de Montréal, directrice scientifique du Réseau francophone de recherche sur les opérations de paix (ROP) et membre du Groupe de recherche sur la sécurité internationale (GERSI Université de Montréal et Université McGill).
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