Dans toutes les familles il y a un aïeul un peu excentrique dont on ne sait trop s’il fait honneur à la lignée ou s’ils est légèrement embarrassant. C’est le cas de Marshall Mc Luhan. On reproche bien souvent à l’auteur de La Galaxie Gutenberg 1 et de Pour comprendre les médias 2 un goût pervers pour le mélange des disciplines ainsi qu’un coupable penchant pour des formes d’écriture non académiques. Pourtant si, à l’orée des années 1960, il séduisait ingénieurs et historiens, informaticiens en herbe et télécommunicants en devenir, c’est pour une autre raison. Dans des sociétés confrontées à l’irruption des technologies de la communication, ses livres successifs s’ordonnaient peu à peu en une bible foisonnante et baroque, fondée sur l’idée forte que la technique devrait être replacée au cœur de la réflexion sur l’histoire des sociétés. Idée que ne réfuterait aucun médiologue qui se respecte. Cependant, de livre en livre, Marshall Mc Luhan s’est forgé chez les gens de bien une image déplorable. Ce Canadien iconoclaste a franchement exagéré : affirmer sans broncher que le « message, c’est le massage 3 » et soutenir que le contenu des livres n’a aucune importance en a choqué plus d’un. D’où cette mauvaise réputation. Le procès pourtant ne mérite-t-il pas d’être réinstruit ?
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Catherine 