![]() Les directeurs des trois chaires du Cérium qui se penchent sur la réalité américaine, le politologue Pierre Martin, l’historien François Furstenberg et le juriste Jean-François Gaudreault-Desbiens, ainsi que plusieurs autres chercheurs et spécialistes vont commenter sur cette évolution de la politique américaine pendant la présidence de Barack Obama. Réforme de la santé : et si les législateurs démocrates étaient le problème ? par Guillaume Lavoie 26 janvier 2010 15h40Dans l’imaginaire politique américain, les démocrates sont – depuis toujours – pour un système de santé pour tous. Ils se battent et luttent pour l’œuvre inachevée du New Deal… constamment frustrés par les républicains. Mais est-ce bien le cas ? Peut-on réellement résumer cet échec par l’opposition obstinée d’un Congrès républicain ? Si cela n’était qu’une simple question d’arithmétique au Congrès, les démocrates n’ont pas d’excuses. Depuis 1933 – soit depuis l’arrivée de FDR au pouvoir– les démocrates ont eu la majorité à la Chambre pendant plus de 60 ans et au Sénat, pendant plus de 50 ans. Pire encore, pendant 40 de ces années, il y avait aussi un démocrate à la Maison-blanche ! Ah… mais c’est sans doute que c’est une question de « super » majorité ? De filibuster des républicain ? Pas tout a fait. Cela n’explique pas que FDR – bénéficiant de majorités écrasantes au Sénat et à la Chambre pendant plus de 12 ans – n’y soit pas arrivé. Ou que le puissant comité Ways and Means, contrôlé par les démocrates, ait bloqué le projet de réforme de Kennedy. Les divers projets de réforme de la santé ont le plus souvent été victime de la résistance des démocrates centristes. Trop chère. Trop big government, pas le bon moment, etc. Voilà quels étaient les motifs d’opposition… des démocrates centristes. Tantôt des opposants actifs aux propositions présidentielles (FDR, JFK), tantôt de faux alliés à ces dernières (Nixon, Carter, Clinton). Et maintenant… idem avec Obama ? Trop heureux de profiter de l’échappatoire, plusieurs démocrates centristes ont rapidement conclu que l’élection de Scott Brown signifiait un rejet de la réforme de la santé. Un peu facile. Les citoyens du Massachusetts bénéficient déjà d’un système de santé comparable à ce que propose Obama. La vaste majorité d’entre eux (dont 68% de ceux qui ont voté à cette élection spéciale) sont en faveur du plan d’assurance santé de leur État ! Si les démocrates centristes voient dans la victoire de Brown un moyen de blâmer les républicains pour l’échec de cette réforme – cette lecture n’est valide que dans le belt-way. Le public américain – et les 46 millions d’américains sans assurance – se fiche éperdument de la balance au Sénat. En politique, on périt par là où on a péché. Attention aux promesses non tenues. Les démocrates ont fait campagne sur cet enjeu. C’est leur enjeu « signature ». Ils doivent maintenant livrer. Les législateurs démocrates ont toujours une bonne majorité au Sénat, et une encore plus grande à la Chambre. Si le projet de réforme de santé devait échouer, les centristes démocrates devraient s’attendre à ce que l’électorat américain – comme il l’a fait en 1994 – leur fasse payer chèrement leur manque de leadership. * À venir : Le bilan républicain en santé (tentatives et réussites) : pas si mal après tout ! Répondre à cet article Le 19 janvier : une élection cruciale par Christine Fréchette 18 janvier 2010 12h15L’élection partielle qui se tiendra mardi au Massachusetts s’avère cruciale pour le président Obama. La mince marge de manœuvre dont il dispose actuellement pour mettre en œuvre ses réformes en matière de santé, d’emploi ou d’énergie pourrait partir en fumée si les Républicains l’emportent. Il y a quelques jours à peine, l’idée que les Républicains puissent remporter ce château fort démocrate, jadis occupé par Ted Kennedy, apparaissait saugrenue. Mais, le vent a tourné au cours des derniers jours et les sondages donnent maintenant une avance au candidat républicain, Scott Brown. Le républicain a transformé la campagne en un référendum sur la réforme de la santé, laquelle n’a pas la faveur de la population, même s’il s’agit d’un des États les plus bleus du pays. Il est habituellement difficile de prédire les résultats d’une élection partielle puisque la sortie de vote y est souvent anémique. Les Républicains ont l’avantage de pouvoir tabler sur la grogne populaire entourant la réforme de la santé pour amener les électeurs vers l’urne. Si ce dernier l’emporte, les Démocrates auront toutes les difficultés du monde à rallier les 60 votes nécessaires à la clôture d’un débat au Sénat, étape requise avant la procédure de vote. Avec une défaite démocrate, les chances de voir une réforme de la santé être adoptée vont s’affaisser, sans compter que les autres réformes à venir seront plus facilement bloquées par les Républicains. Ce serait un triste retournement des choses s’il fallait que l’ancien siège de Ted Kennedy, qui toute sa carrière durant a lutté pour favoriser l‘accès au système de santé, soit celui qui fasse basculer le vote du Sénat du côté de l’opposition à cette réforme. Mais la candidate démocrate semble avoir un peu trop ménagé ses efforts, tablant sur l’idée que la partie était gagnée d’avance pour elle. Mardi, c’est une élection partielle qui se tiendra au Massachusetts mais, dans les faits, les résultats obtenus affecteront l’ensemble des Américains du fait de son impact sur la capacité d’Obama à mettre en œuvre ou non ses multiples réformes. Sa ’fenêtre d’opportunité’ pourrait en effet, déjà, s’être refermée. Répondre à cet article Parlons Cinéma par Pierre Martin 8 janvier 2010 14h33
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Répondre à cet article Une nouvelle vague de relance économique et de déficit budgétaire ? par Patrick Leblond 14 décembre 2009 16h13Alors que Larry Summers, chef du National Economic Council, et Christina Romer, chef du Council of Economic Advisers, offrent des opinions divergentes quant à la fin de la récession aux États-Unis, le président Obama considère qu’il y a encore beaucoup à faire pour stimuler l’économie américaine et relancer l’emploi, étant donné que le taux de chômage chez nos voisins au sud se situe toujours au-dessus de 10 pour cent. C’est pour cette raison qu’il annonça la semaine dernière une série de nouvelles mesures pour contrer les effets négatifs de la crise économique sur les travailleurs et les entreprises, surtout celles de petite et moyenne taille (voir discours du président Obama au Brookings Institution Parmi les mesures annoncées par le président, il y a l’élimination complète des taxes sur le capital pour les investissements effectués par les PME américaines. Il propose également d’augmenter les investissements dans les infrastructures au-delà de ce qui est prévu dans le Recovery Act. De plus, il demande au Congrès de créer de nouveaux programmes ou d’élargir certains qui existent déjà afin de favoriser l’investissement (et donc la création d’emplois) dans l’efficience énergétique et l’énergie verte. Finalement, le programme TARP (Troubled Asset Relief Program) sera graduellement liquidé au cours des prochains mois au fur et à mesure que les banques et autres institutions financières remboursent leurs prêts et que le gouvernement vend les parts qu’il détient dans certaines de celles-ci, comme Citigroup par exemple. Les fonds ainsi récupérés pourront donc servir au financement des nouvelles mesures annoncées ci-dessus. La question que plusieurs se posent, c’est si ces mesures vont contribuer à l’augmentation du déficit budgétaire (et donc de la dette) du gouvernement américain. Déjà, le gouvernement a annoncé que la dette publique fédérale doublerait en pourcentage du produit intérieur brut (PIB) au cours des dix prochaines années, avant que les mesures de correction fiscale (encore à venir) viennent à bout du déficit. C’est pour cette raison qu’il y a actuellement un débat entre ceux qui croient que le gouvernement doit immédiatement éliminer les programmes de relance et réduire le déficit, maintenant que l’économie reprend du mieux, et ceux qui croient le contraire puisque la reprise n’est pas encore soutenue et le chômage demeure très élevé. Dans son discours de la semaine dernière, le président Obama faisait porter le gros du blâme pour le déficit budgétaire sur le dos de l’ancienne administration républicaine, indiquant que les mesures de relance économique adoptées au cours de la dernière année ne représentent qu’une petite partie de déficit actuel. Par exemple, les baisses d’impôt du président George W. Bush continuent de jouer un rôle important dans le manque à gagner budgétaire du gouvernement américain (tout comme la baisse du taux de TPS ajoute actuellement environ 12 milliards $ au déficit fédéral canadien). Heureusement que les réductions d’impôt mises en place par l’Administration Bush et le Congrès républicain d’alors viennent à échéance l’année prochaine. Cela donnera un bon coup de main au budget sans que cela ait de répercussion négative pour l’administration Obama au plan politique. Suivant les traces de Bill Clinton, Barack Obama s’engage à réduire le déficit budgétaire du gouvernement américain et à ramener l’équilibre fiscal le plus rapidement possible. Il l’a dit très clairement dans son discours. Y arrivera-t-il ? Disons que les chances d’y arriver d’ici une dizaine d’années sont plutôt minces. Premièrement, la récession actuelle est beaucoup plus profonde que celle à laquelle Bill Clinton faisait face en 1993. Cela exerce donc un poids plus (moins) grand sur les dépenses (recettes) fiscales du gouvernement. Deuxièmement, le niveau de la dette est beaucoup plus élevé aujourd’hui qu’il ne l’était au début des années 1990, ce qui occasionne des dépenses d’intérêt plus élevées. Troisièmement, il est peu probable que l’économie américaine se mette à croître à des taux de quatre pour cent au cours des prochaines années, comme c’était le cas au milieu des années 1990. Si le crédit facile et peu cher n’est plus au rendez-vous, les consommateurs et investisseurs américains ne pourront plus passer d’une bulle spéculative à une autre. Quatrièmement, l’Administration Obama a des engagements militaires en Iraq et en Afghanistan que son prédécesseur démocrate à Maison blanche n’avait pas. Finalement, malgré ce que laisse entendre Barack Obama, il y a encore beaucoup de doute quant à la neutralité fiscale de la réforme du système de santé aux États-Unis. Si celle-ci est adoptée par le Congrès, ce sera une grande victoire pour le président et les démocrates, mais elle pourrait forcer ces derniers à faire des choix budgétaires importants au cours des prochaines années. En somme, le défi fiscal du gouvernement américain est à la mesure des ambitions du président Obama. Mais il va falloir plus que de l’espoir. Il y aura des choix politiques difficiles à faire. Cependant, compte tenu de la fragilité de la reprise américaine, du haut taux de chômage et des élections mi-parcours au Congrès dans moins d’un an, le président n’a pas le choix que poursuivre les programmes de relance économique. Le gain fiscal n’en vaut pas (encore) le coût politique. Répondre à cet article
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