![]() Les directeurs des trois chaires du Cérium qui se penchent sur la réalité américaine, le politologue Pierre Martin, l’historien François Furstenberg et le juriste Jean-François Gaudreault-Desbiens, ainsi que plusieurs autres chercheurs et spécialistes vont commenter sur cette évolution de la politique américaine pendant la présidence de Barack Obama. Quand l’immobilier fait dans l’immobilisme par Christine Fréchette 24 août 2010 18h53Bloomberg rappelle cette semaine qu’au cours des huit dernières récessions ayant frappé les États-Unis, sept fois l’immobilier a joué le rôle bouée de sauvetage en propulsant la reprise économique. Cette fois-ci, les États-Unis pourront-ils à nouveau compter sur l’immobilier comme tremplin pour assurer la relance ? Rien n’apparaît moins sûr. Non seulement l’immobilier n’est-il pas au rendez-vous mais il figure plutôt parmi les causes tirant l’économie vers le bas. Les données dévoilées aujourd’hui montrent en effet que les ventes de maison existantes ont atteint leur plus bas niveau depuis 15 ans, accusant une baisse de 27% (le double de ce qu’avaient prédit les analystes) par rapport à juin. Avec la fin des aides gouvernementales visant à aider les propriétaires à acheter une maison, tout comme le succès très mitigé de celles visant à aider les propriétaires à renégocier les termes de leur hypothèque, on peut maintenant voir l’état du secteur immobilier ‘à découvert’, c’est-à-dire, sans l’enveloppe protectrice gouvernementale déployée dans le contexte de la crise. Et ce n’est pas réjouissant : une hypothèque sur sept entre dans la catégorie des ‘délinquants’, i.e. qu’elles font soit l’objet d’une saisie ou de défauts de paiement. Dans ce contexte, les Américains ne pourront plus aussi aisément utiliser la présumée plus-value sur leur maison pour financer leurs vacances, leur deuxième auto, les études des enfants ou tout simplement leurs excès de consommation. Dès lors, la relance viendra-t-elle :
Personnellement, il m’apparaît que seule l’éclosion de nouveaux secteurs de pointe créateurs d’emplois pourrait offrir de réelles perspectives séduisantes. Mais, pour ce faire, encore faudra-t-il que le secteur privé reprenne confiance et prenne le relais d’un gouvernement dont les injections massives de fonds publics tirent à leur fin. Répondre à cet article La droite américaine, reine du câble par Jean-François Lisée 9 avril 2010 16h37Voici un tableau récentde l’écoute des émissions « d’information » sur les réseaux câblés américains :
Heureusement, cela ne concerne que les réseaux cablés. En nombre beaucoup plus importants, les Américains écoutent (encore) les grandes chaînes. Leur premier choix : American Idol (26 millions). L’émission d’information la plus écoutée : 60 minutes, sur CBS, avec 13,6 millions de téléspectateurs. Les bulletins d’information de NBC, CBS et ABC font entre 5 et 7 millions d’auditeurs chaque soir. Ce billet est aussi disponible sur le blogue plus général de Jean-François Lisée accessible ici. Répondre à cet article Voilà ce à quoi ressemble une sorte de changement par Charles Noble 24 mars 2010 12h35Donc, c’est fait, le but atteint. Le fruit de cette toute première année de la présidence Obama. Et comme le président a remarqué, la réforme est majeure : l’élargissement significatif de l‘assurance médicale (presque, mais pas exactement la couverture universelle). Trente deux millions de gens, la plupart d’entre eux des défavorisés, auront une assurance-maladie. Plusieurs limites seront appliquées à ce que peuvent faire les assureurs pour maximiser leur profit aux dépens des malades : Anthem et tout le reste des assureurs privés qui dominent la santé aux États-Unis ne peuvent plus, par exemple, exclure des personnes pour des questions d’antécédents médicaux. Il est probable que d’autres changements amèneront les médecins et les patients à mettre l’accent sur les soins préventifs. Et, si les chiffres sont fiables, les États-Unis vont connaître une baisse du taux de croissance du pourcentage du PIB versé sur la santé. Bravo. Franchement. Mais alors même que l’on fête cette réussite, il est important de garder à l’esprit les limites de ce qu’Obama a accompli et ce que cette histoire tordue démontre à propos la politique américaine actuelle. Premièrement, les limites : malgré plusieurs changements apportés au marché de l’assurance-maladie, la réforme Obama constitue un énorme cadeau pour les assureurs. L’expansion de la couverture va fortement augmenter la demande pour les assurances-maladie et – point important – seuls les assureurs privés vont vendre des contrats, sans beaucoup de contrôle par le gouvernement sur ce qu’ils pourront charger. Et ce sont les contribuables de la classe moyenne qui vont subventionner cette expansion de la couverture. Si les coûts en santé ne baissent pas significativement et rapidement, les contribuables vont devoir payer plus d’impôts et subiront possiblement une dégradation des programmes publics, dont Medicare est le plus important, afin de combler le fossé. Et ils prendront Obama et les Démocrates pour responsables. Au fond, il est probable que, à l’image de tout l’état providence américain, la réforme Obama entraîne une redistribution de la classe moyenne vers les défavorisés alors même que les intérêts économiques privés, profitant d’une manne de 32 millions de nouveaux clients, demeureront protégés. Deuxièmement, sur la politique, plusieurs remarques viennent à l’esprit. La bipolarisation extrême est vive. Mais ce n’est pas exactement ce que prétendent la plupart des journalistes. Bien sûr, les Républicains ont basculé vers la droite dure avec leur rhétorique contre le gouvernement fédéral et leurs efforts pour exciter la peur, la colère, et même la haine pour Obama. Mais le parti Démocrate, en dépit de son aile gauche, demeure un parti centriste. Cela est bien reflété par cette loi modérée. Si le parti Démocrate était aussi à gauche que le parti Républicain est à droite, la réforme comporterait une option publique, une couverture universelle et des mesures de contrôle des prix des assurances. Gardez à l’esprit que les Démocrates ont laissé tomber les volets les plus progressistes de la réforme non seulement du fait de l’opposition des Républicains, mais également celle d’autres Démocrates. De plus, la victoire ultime démontre le rôle important du leadership présidentiel dans le système politique américain et l’ambigüité d’Obama à ce sujet. D’un côté, il est probable que son intervention de la semaine dernière et la pression appliquée aux Démocrates qui vacillaient encore, a fait en sorte de maintenir ensemble le parti. Le leadership du président – qui qu’il soit - compte. D’un autre côte, l’impact de l’intervention d’Obama à la fin du processus nous a rappellé son absence depuis le début de cette histoire : en mettant à l’avant-scène les chefs du Congrès plutôt que le président, la stratégie de Rahm Emmanuel – son chef du cabinet - sur ce dossier a mis en lumière le dysfonction du Congrès et a, par la suite, renforcé le mépris que cette institution suscite chez tant d’Américains. Cette stratégie a failli causer l’échec de la démarche. Enfin, une voie alternative était-elle possible ? Les Démocrates vont nous assurer que cette version de la réforme de la santé était la meilleure possible, étant donné les obstacles érigés par le parti Républicain, les divisions au sein du parti Démocrate, les règles du Sénat, et l’ambivalence de l’opinion à l’égard de l’augmentation de la portée de l’état dans ce domaine. Mais, depuis le début, certains politologues (dont moi), ont prétendu que les réformes les plus ambitieuses étaient possibles, si et seulement si le parti Démocrate et le président étaient disposés à préparer le terrain. C’est ce qu’ont fait les présidents Reagan et Johnson. Il importe de construire une narration politique et morale qui explique ce à quoi on aspire et le raisonnement qui le sous-tend. Cette démarche demande plus que des appels flous au changement et à l’espoir. Il faut un argumentaire en faveur d’une vision politique différente du rôle de l’état ; répondre aux « Tea Parties » franchement et directement. Obama a entamé ce travail pendant la campagne de 2008 mais, il a presque été silencieux à ce sujet depuis lors. L’heure est venue de revisiter ce terrain là. Répondre à cet article Quand les étudiants de médecine s’endettent plus que les autres par Christine Fréchette 18 mars 2010 15h38Alors que le Québec débat de l’intérêt d’augmenter les frais de scolarité de ceux qui bénéficieront de plus gros salaires, les Américains, eux, cherchent à palier aux conséquences de cette approche, laquelle a contribué à la pénurie de médecins généralistes (voir le blogue d’hier). En 20 ans (1984-2004), les frais de scolarité des étudiants en médecine aux États-Unis ont augmenté de 50% au sein des établissements privés et de 130% au sein des établissements publics. Ces hausses ont eu notamment pour effet de réduire le nombre d’étudiants choisissant de devenir des médecins généralistes. ‘Tous les jours, des étudiants me confient qu’ils préfèreraient opter pour la médecine généraliste mais qu’ils ne peuvent tout simplement ‘pas se le payer’’, souligne Arthur S. Levine, doyen de la faculté de médecine de la University of Pittsburgh School of Medecine. En 2009, un diplômé de médecine aux États-Unis avait, en moyenne, une dette d’études de 156 500$. En fait, 79% des diplômés avaient une dette de plus de 100000$ et 58% avaient une dette de plus de 150 000$. Le revenu annuel moyen d’un médecin généraliste est de 173 000$. ‘Il est totalement absurde que nos diplômés cumulent de telles dettes d’études, s’insurge M. Levine. L’étude de l’American Medical Association (AMA) souligne que ces hausses ont aussi généré une moindre diversité de profils parmi les étudiants : il est maintenant plus rare de voir des étudiants de médecine provenant de familles moins nanties ou encore, appartenant à une minorité. On a également constaté une augmentation des cas de dépression et de travail au noir parmi les médecins en résidence ayant une importante dette d’étude. Comme la réforme qui sera votée en fin de semaine pourrait amener plus de 30 millions d’Américains à enfin se doter d’une assurance-santé, la pénurie risque fort de s’aggraver. C’est pourquoi les législateurs cherchent notamment, à travers cette réforme, des mesures de réduction du fardeau financier des diplômés de médecine, alors que leurs services seront plus que jamais recherchés. Certes, la situation au Québec est, à ce stade, sans commune mesure avec celle prévalant chez nos voisins. Mais, il n’en demeure pas moins que ce cas d’exemple offre une sorte de miroir grossissant de ce qui survient lorsque ’ceux qui feront un plus gros salaires s’endettent davantage’. Répondre à cet article
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