Les milieux républicains américains (en dehors des spécialistes habituels) font consensus pour dire que la saison des primaires a été très faible quant à faire avancer la cause du GOP. A l’automne dernier, si on prend un candidat républicain générique, il se plaçait généralement en avance du Président Obama dans les sondages.
Mardi dernier, Romney a remporté trois courses et la plus importante, celle du Wisconsin. Maintenant, nous savons que la victoire de Mitt Romney dans la course à l’investiture du GOP est inévitable, mais ses adversaires sont actuellement à 50 pour cent par rapport à 32 pour cent favorables dans une enquête réalisée récemment par le Washington Post-NBC. Par ailleurs, un écart de 18 pour cent entre les genres en faveur d’Obama s’est également développé. Et ne l’oublions pas : 14 pour cent des électeurs hispaniques soutiennent Romney.
Avec la victoire de Romney dans le Wisconsin, nous devrions nous attendre à un retrait de Rick Santorum et Newt Gingrich, contrairement à ce qui était prévu il y a quelques semaines. Ron Paul, le porteur libertaire standard, peut continuer la course ; il n’est pas dangereux. Des indications récentes démontrent que Santorum et Gingrich seraient prêts à servir une administration Romney. Pendant ce temps, Romney prend beaucoup d’appuis dans l’Establishment républicain. Si Santorum et Gingrich restent dans la course, ils démontreront un manque de jugement, ce qui leur causerait que du tort face à Romney.
Cependant, la réalité va bientôt rattraper les adversaires de Romney. L’argent joue encore un rôle majeur dans la politique des États-Unis et les sommes investies ne feront qu’augmenter dans les mois qui suivent. Dans cette optique, Romney garde un avantage significatif. Gingrich a perdu son principal bienfaiteur et a récemment congédié son principal directeur de campagne. Les perspectives pour lui, c’est une plus grande dette de campagne qui le marginalise de plus en plus.
Santorum ne cherche plus à poursuivre Romney avec la même ardeur, et considérerait plutôt la vice-présidence avec lui. Santorum s’est avéré être un militant efficace, mais comme ses opinions sortent de l’ordinaire, il n’a le soutien que d’une minorité au sein du parti républicain. En fait, le mieux qu’il puisse faire est d’augmenter le nombre des adversaires de Romney. Ce n’est vraiment pas une bonne perspective s’il désire un avenir dans le GOP. Ainsi, depuis quelques jours, on peut donc s’attendre à ce que Romney soit confirmé, ce qui serait beaucoup plus tôt que prévu. Ce ne sont pas de bonnes nouvelles pour Obama, qui préfèrerait une course républicaine plus longue. En outre, ce dernier est aux prises avec la hausse des prix du gaz, une reprise fragile, et des chiffres d’approbation des années 40. Si la course entre Obama et Romney commence trop tôt, avec un électorat divisé proche de 50-50, et un accès illimité à d’énormes quantités d’argent, le risque est que cet automne elle sera serrée et polarisante. C’est le souhait de l’Establishment républicain.
Enfin, Romney s’est peut-être avéré être un candidat plus faible sur les tribunes qu’on ne le croyait, mais ses adversaires actuels du GOP ont un passif bien plus grand encore. Romney s’est attaqué sans pitié à Santorum et Gingrich. Il suffirait d’un retrait anticipé de leur part pour que Romney commence à graviter vers le centre (rappelez-vous la métaphore du « Etch a Sketch »), et ainsi devenir encore plus compétitif contre Obama en Novembre prochain. Il est temps que Santorum et Gingrich s’en aillent.





